À 16ans, Maryse Faucheur quitte l'école puis commence à travailler sur les marchés. «Ensuite, j'ai découvert les sondages.» Un univers où elle restera pendant 30ans, de CDD en CDD. «Mais cette activité a chuté, car internet a changé la mise.» À 50ans, une enfant de 10ans encore à charge, elle décide de passer à autre chose. «J'ai alors fait des recherches sur le net, au niveau des franchises. J'ai laissé un message disant: j'ai 100.000€ à investir et je veux travailler.»
Le choix du 8 à 8
Suite à ce message sur internet, Maryse Faucheur est contactée par différentes structures, dont Carrefour. «J'ai choisi ce groupe, et plus particulièrement l'enseigne 8 à 8, car dans l'épicerie de proximité, il y a un vrai contact humain.» Mais il lui faudra encore 2ans avant de trouver la perle rare. «Carrefour m'a proposé des magasins sur le Pays-Haut, mais je ne voulais pas m'éloigner de Belleville où j'habite depuis longtemps et, surtout, parce que je voulais embaucher ma soeur.» C'est précisément à Belleville qu'elle peut s'installer, en 2010, en prenant la gérance du 8à 8 du village, situé à 50mètres de sa maison.
L'investissement
«Pour ce projet, j'ai investi 200.000€ au total. Carrefour a 26% des parts et je leur reverse 1% de mon chiffre d'affaires en rentes.» Une partie de l'investissement s'est réalisée par emprunts auprès des banques, mais aussi grâce à deux prêts à taux zéro du Carep à Pompey. «J'ai pu bénéficier de 10.000€ sur 3ans et de 10.000€ sur 5ans.»
Qualité du service
Même si le magasin est ouvert du lundi au samedi de 7hà 20h et le dimanche de 8h à 12h30, Maryse Faucheur assume complètement son nouveau rôle de gérante. «Être dans un village, cela me plaît. Je connais les gens par leur nom. Je peux discuter avec eux.» Et leur offrir plus qu'un point de vente, car rendre service est un credo pour la jeune entrepreneuse. «Dès qu'il fait beau, j'installe un banc devant le magasin pour que les personnes âgées puissent se retrouver et discuter. Nous faisons aussi office de poste, cuisons notre pain et nos croissants.» Pour les personnes âgées, non véhiculées, elle a mis en place la livraison à domicile, sans montant minimum. Et va de temps en temps chercher les médicaments de ces mêmes clients. «Pour moi, la proximité, c'est ça. Surtout auprès des personnes âgées. Nous ne voulons pas faire que du commerce, mais bien être un acteur du village.»
Distribution Il y a deux ans, Maryse Faucheur reprenait le 8 à 8 de Belleville. Cette acquisition lui permet de garder un contact humain moteur de son investissement.