«Pour moi, le bon sens, c'est quelque chose de très important. Devant un problème, il faut savoir prendre du recul, analyser la situation. Et bien souvent, la meilleure solution est tout simplement celle dictée par le bon sens». Le bon sens. Voilà donc peut-être le secret de la réussite de Martial Roser. Un secret qui lui a permis de transformer Roforge, la toute petite entreprise qu'il avait créée en 1975, en leader reconnu de la robinetterie industrielle.
Toujours se remettre en question
«Avec un CAP de dessinateur, j'avais travaillé pour des entreprises comme Schlumberger ou Malbranque, deux entreprises qui faisaient notamment des robinets industriels. J'étais passé du bureau d'études au commercial. Je m'étais rendu compte que mes clients avaient du mal à trouver du matériel pour des applications spéciales». À 30 ans, il décide donc de se lancer. Avec trois associés, dont Joannes Romagny (Loire industrie), il monte Roforge à Saint-Chamond. «Je n'ai pas vraiment eu de doutes à l'époque. J'avais constaté qu'il y avait un besoin, j'y suis allé franchement». D'autant que Malbranque, son employeur de l'époque, connaissait quelques déboires suite au décès de son dirigeant. S'ensuit alors une «merveilleuse aventure» de plus de 30 ans. Aventure «enrichissante et exaltante», dont il s'est quelque peu détaché ces dernières années. «J'ai un fils de 31 ans. Il ne souhaitait pas reprendre mon entreprise. Le fait de n'avoir pas vu très souvent son père l'a peut-être détourné de cette voie». Sans précipitation aucune, Martial Roser s'est donc mis en quête de repreneurs. Recherche qui s'est avérée très rapidement fructueuse. Dès 2002, à 57 ans donc, il cède ainsi son entreprise à un groupe industriel anglo-saxon. «Quand on a créé son entreprise, qu'on y a passé toute sa vie..., c'est difficile. Le matin même de la signature, j'hésitais encore! Finalement, j'ai signé mais ce n'était pas sans émotion...» Toujours à la tête de l'entreprise, à la demande des nouveaux actionnaires, il a souhaité se retirer il y a quatre ans et fait aujourd'hui plutôt office de consultant. Malgré cette fameuse émotion, il a su passer la main, sans vague, avec professionnalisme. Ce retrait lui a permis, depuis, de se consacrer à d'autres dossiers. Celui du Club Gier entreprises en premier lieu, club d'entreprises dont il a pris la présidence en 2006. Il a repris aussi en main le dossier Bimba, entreprise possédant 23 magasins de bibelots et dans laquelle il avait investi en 2002. «Elle a commencé à battre de l'aile, alors j'ai décidé de m'engager vraiment...» Car, au fond, il ne peut pas s'en empêcher Martial Roser. Il faut toujours qu'il aille au bout des choses. Qu'il s'agisse de robinetterie industrielle, de bibelots à 1€, ou même de son sport favori, la pêche, c'est pareil. Pas question de se contenter de l'acquis, son jeu favori étant de se remettre sans cesse en question pour obtenir le meilleur. Sauf peut-être pour un dossier, le plus important à ses yeux sans doute à l'entendre évoquer Louis et Agathe. Celui de ses petits-enfants. «J'avoue, je crois que je suis un grand-père gâteau».
Martial Roser est un homme pragmatique. Un homme de bon sens, comme il aime se définir lui-même. C'est avec cette philosophie qu'il a d'ailleurs bâti toute sa vie professionnelle, depuis la création de Roforge en 1975 jusqu'à la présidence du Club Gier entreprises depuis 2006.
Stéphanie Gallo