Le point commun entre la cancérologie, l'OCDE, le jardinage et les fluides supercritiques ? Les professionnels choisissent Marseille pour leur congrès, séminaires ou autres rencontres B to B. Deuxième ville de France après Paris dans ce secteur, la Cité phocéenne a enregistré en 2013, 326.324 journées congressistes contre 283.000 en 2012. En moins de quinze ans, leur nombre a plus que doublé, générant d'importantes retombées économiques pour la ville. « Un congressiste dépense en moyenne plus de 200 € par jour, hors hébergement. Le congrès constitue un des axes forts du tourisme avec la croisière et la culture. Il représente 6 % de l'emploi marchand, 18.000 emplois », explique Maxime Tisssot, directeur de l'Office du tourisme et du bureau des Congrès. « Cet engouement entre dans la nouvelle dynamique de la ville. Nous avons accueilli dernièrement d'importantes manifestations au Parc Chanot, telles que le congrès des notaires ou la convention des Associations pour le progrès du management », détaille Catherine Casadei, directrice générale de la Safim. Cette société qui emploie une cinquantaine de personnes a engagé près de 40 M€ d'investissements au cours des trois dernières années. Désormais, le "Palais des Congrès et des Expositions de Marseille", s'étend sur 60.000 m² de surfaces intérieures réparties dans sept "Palais". Des surfaces modulables permettant de répondre aux demandes les plus insolites. « Pour le procès PIP, nous avons réalisé pour le ministère de l'Intérieur le plus grand TGI d'Europe », précise Catherine Casadei. De son côté, la ville a déboursé 12 M€ pour métamorphoser en 2013 le Palais du Pharo, en centre de congrès haut de gamme. Le palais d'Eugénie est désormais le lieu de rencontre privilégié des médecins ophtalmo et autres spécialistes de la chirurgie esthétique ! La médecine représente d'ailleurs 40 % des congrès.
Chanot/Pharo concurrents ?
Pour Maxime Tissot, les deux infrastructures sont complémentaires. Reste au World Trade Center du centre-ville à se mettre aux standards. Des travaux de modernisation seraient envisagés. Certains organisateurs ont même pris le parti de délocaliser leurs salons de Paris à Marseille. « Infopro Digital qui organise "Les journées des collections jardin" a été conquis par Marseille et souhaite délocaliser son salon tout comme Trade Expo (le salon b to b de l'univers de la maison). Nous avons accueilli dernièrement Food in Sud, premier salon professionnel de la Méditerranée avec 8.000 visiteurs dont 90 % d'acheteurs », explique Catherine Casadei, précisant que les salons se préparent plusieurs années en amont. « Après avoir remporté la tenue du congrès médical EMBT face à Lisbonne et Stockholm, nous allons continuer la compétition et défendre la destination Marseille notamment pour le Congrès des Océans en 2019 », avance Maxime Tissot qui mise sur l'Euro 2016 et la possible sélection de Marseille Capitale du sport, l'année suivante. Les nouveaux équipements culturels jouent un rôle décisif dans le tourisme d'affaire. « Le Mucem est le seul musée où l'on peut admirer un tableau de Juan Miro en bord de mer », précise Andrien Joly, adjoint à la communication chargé du mécénat du Mucem.
Congrès. En seulement un an, Marseille est passée du 142e au 74e rang mondial du classement de l'ICCA (International Congress and Convention Association).