Marchés obligataires : Jouer le coupon.. : et la patience
# Conjoncture

Marchés obligataires : Jouer le coupon.. : et la patience

Les marchés obligataires sont redevenus à la mode. Ils peuvent être une piste de diversification... à condition de bien en maîtriser toutes les subtilités.

La souscription ouverte le mois dernier par le Crédit foncier marque le retour sous les feux de l'actualité des marchés obligataires quelque peu éclipsés depuis plus d'une décennie par les performances des supports "actions". Une piste de diversification à condition de bien en maîtriser les tenants et aboutissants. «Acquérir une obligation, c'est acheter de la dette par le biais d'un emprunt émis par un État, une banque ou une très grande entreprise, emprunt qui se caractérise par sa durée et son taux de rémunération, fixe, variable ou révisable», rappelle Arnould Moyne, associé chez FinRoad, communauté de professionnels de la finance et intervenant à l'IDRAC de Lyon. Cette définition porte en elle-même les risques et opportunités du marché obligataire. Premier écueil: le risque de marché. La valeur peut varier à la hausse ou à la baisse en fonction de l'évolution des taux d'intérêt à long terme. Quand ceux-ci augmentent, la valeur de l'obligation baisse avec un risque de perte en capital en cas de cession anticipée. Au contraire, une baisse des taux entraîne mécaniquement un gain en capital avant maturité. Deuxième écueil: le risque de défaut de l'émetteur. La situation de la dette grecque se passe de tout commentaire. L'impossible ne peut jamais être exclu. Troisième danger: l'illiquidité. L'investisseur souhaitant céder ses obligations en cours de vie peut "être collé", faute d'acheteurs.




Plus-value en capital et rendement

Dans ces conditions, faut-il alors aujourd'hui se porter vers ces marchés? Soit en direct dans le cas d'émissions d'entreprises privées, soit par le biais de SICAV, dans un contexte économique qui table au mieux sur un potentiel de croissance atone dans la zone euro et des perspectives encore peu euphoriques aux États-Unis. Deux types de gains sont possibles sur les obligations: la plus value en capital qui mise sur la baisse des taux et le rendement lié au paiement régulier du coupon. «Actuellement, les perspectives sont plutôt à la hausse des taux longs sur la zone euro du fait de la prise en compte du risque de crédit. Il n'y a donc rien à espérer de ce côté, pronostique Arnould Moyne. L'idée, si l'on investit sur de l'obligataire, est donc de neutraliser le risque de perte en capital en conservant les obligations jusqu'à leur date de remboursement. En revanche, poursuit-il, on peut jouer la rémunération. Au regard des taux d'intérêt proposés, il peut y avoir un coup à jouer, à la condition de bien vérifier la solidité de l'émetteur.» Le Crédit foncier, par exemple, propose un taux fixe de 4,25% sur six ans - une rémunération attractive par ces temps de grande volatilité des marchés. Condition: «jouer la sécurité en conservant ses obligations jusqu'au dernier jour prévu à la souscription afin de ne pas perdre en capital», prévient Arnould Moyne. Donc être absolument certain de ne pas avoir besoin de récupérer les liquidités investies en cours de maturation.




«Seul, on peut se faire peur»

Et en tenant compte de la fiscalité tant sur le coupon que sur la plus-value éventuelle. IR ou prélèvement libératoire à 24% plus 13,5% de cotisations sociales dans le premier cas. 32,5%, y compris les cotisations sociales, dans le deuxième cas. «Dans un contexte d'extrême volatilité, le point de départ de toute réflexion est la diversification, souligne Arnould Moyne. Je commencerais par remplir au maximum mon Livret A et mon Livret de développement durable, j'attendrais des jours meilleurs pour revenir sur les marchés actions (peut-être courant 2012) et je prendrais un peu d'obligations pour ne plus y toucher jusqu'à leur terme. En m'appuyant sur les conseils d'un professionnel car seul, on peut se faire peur dans la période que nous traversons.»

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