Manjot : Des véhicules innovants pour collecter les déchets

Manjot : Des véhicules innovants pour collecter les déchets

L'entreprise de Vénissieux a trouvé dans la fabrication d'équipements de collecte verticale d'ordures ménagères un relais de croissance à son marché historique, les travaux publics.

C'est par les travaux publics que tout a commencé, en 1958. L'entreprise familiale de Vénissieux, actuellement dirigée par la troisième génération, s'est spécialisée dans deux produits phares: des bennes basculantes et des grues hydrauliques sur camion. Il y a un peu plus de dix ans, Manjot s'est diversifiée dans le matériel de collecte vertical d'ordures ménagères. «À cette époque, nous avons vu apparaître en France et plus particulièrement en Rhône-Alpes, dans les montagnes, des colonnes d'ordures ménagères enterrées ou semi-enterrées. Ce système avait l'avantage de se substituer à de nombreux bacs à ordure, dont l'aspect esthétique et environnemental posait problème», se rappelle Frédéric Manjot, dirigeant du groupe. Restait à solutionner la collecte de ces colonnes. Manjot, qui distribuait des grues depuis 1972 et était en lien étroit avec le fabricant de bennes à ordures ménagères Semat, à LaRochelle, a alors conçu son premier Evolupac, un équipement de collecte associant une grue, pour soulever les colonnes et les déverser, et une benne de déchèterie pour les compacter. «Nous nous chargeons de la conception et de la diffusion du produit, souligne Frédéric Manjot. De nombreuses ventes ont été effectuées dans les stations de ski et auprès de grandes collectivités qui ont pris conscience de l'intérêt de ces colonnes enterrées. C'est un marché en plein essor. Il permet de réduire le nombre de bacs dans les immeubles par exemple, qui sont souvent sujets de vandalisme. Et coûte aussi moins cher à la collectivité: un seul agent est nécessaire, là où il en faut trois pour un camion classique.» Selon le dirigeant, le groupe Manjot détiendrait 80% du parc de véhicules équipés de la sorte en France. Le marché des colonnes de déchets est en phase ascendante. Certaines villes comme Rouen déploient de gros projets (3.000 à 5.000 colonnes prévues), tandis que d'autres s'y mettent petit à petit. À Lyon, Manjot va ainsi bientôt livrer son premier Evolupac à Sita.




Innover pour rester leader

Pour rester en pointe, Manjot améliore son équipement. Il présentera sur le salon Pollutec son dernier Evolupac Top Crane, qui a la particularité d'être équipé d'une grue sur le toit de la benne et non placée entre la cabine et la benne. Le camion est ainsi de taille plus réduite, et particulièrement disposé pour effectuer des collectes là où les autres camions ne peuvent pas accéder. «Il est très difficile de garder un leadership, confie Frédéric Manjot. Je ne pensais pas qu'on pourrait le garder si longtemps. Indiscutablement, c'est le reflet de notre volonté d'innovation permanente.» Au-delà des déchets ménagers, Manjot a aussi mis au point des camions pour déchets industriels et déchets verts. Alors que son activité TP est surtout développée en Rhône-Alpes, l'activité environnement lui a ouvert un marché national, et même l'export, en cours de développement. «Le marché de la collecte des déchets nous a permis de nous diversifier dans une période économiquement d'une grande complexité», reconnaît le dirigeant.




Diversification porteuse

En 2012, l'activité environnement a crû de 40% et a représenté 36% du chiffre d'affaires du groupe. «Il s'agit d'un marché d'équipement, pas encore de renouvellement. Cela nous permet d'affronter la période avec une certaine sérénité.» Le groupe, attaché à son indépendance financière, a ainsi investi 250.000 € au printemps dernier dans une nouvelle cabine de peinture à Vénissieux. Et 1M€ est consacré, toujours à Vénissieux, à la construction d'une nouvelle unité de chaudronnerie de 600m², sur un terrain de plus de 3.000m². Cette unité de Manjot Environnement sera dédiée à la fabrication de portes d'Evolupac et de sous-ensembles de chaudronnerie. Manjot défend le "made in France". Le groupe dispose de trois sites de production à Vénissieux (Bennes Manjot et Manjot Environnement; 70 personnes), Saint-Étienne (Bennes Rhône-Alpes; 40 personnes) et Villefranche-sur-Saône (fabrication de vérins pour les trois sociétés du groupe et agence de Manjot Environnement, 15 personnes). Concepteur de tous ses produits, le groupe bénéficie d'une autonomie technique et de développement. «La conception et le développement en bureau d'études font partie d'un état d'esprit dans le groupe. Toutes nos équipes sont sensibilisées à la volonté d'aller de l'avant, d'apporter des solutions nouvelles. Cela crée une certaine dynamique au sein de l'entreprise.» Pour preuve, même l'activité BTP, qui a fortement souffert en2009 et2010, connu un redémarrage en 2011 puis un nouveau creux cette année, continue d'innover. En fin d'année, une nouvelle bibenne (à bascule à l'arrière et sur les côtés) sera mise sur le marché.

Groupe Manjot



(Vénissieux) Président: Frédéric Manjot Chiffre d'affaires 2012: 22millions d'euros 135 salariés www.groupemanjot.com