«Diriger en temps de crise»: le thème proposé par PricewaterhouseCoopers (PwC) le 19février dernier à Strasbourg a attiré une quarantaine d'entreprises. Résumé avec Michel Nisse, expert-comptable, associé PwC à Metz, responsable de la manifestation.
Quelle doit être la première préoccupation d'un chef d'entreprise en temps de crise?
Savoir si l'entreprise est correctement pilotée, si l'on dispose des bons outils pour évaluer sa situation est essentiel. Trop d'entreprises ne sont pas assez vigilantes sur la question du suivi de leur trésorerie. Pourtant, rien ne sert d'avoir des projets si l'on ne peut plus payer ses salariés et ses fournisseurs. Pour générer du cash, il faut étudier toutes les pistes pour diminuer ses besoins en fonds de roulement. La gestion rigoureuse des stocks doit assurer une rotation rapide, les clients doivent être facturés rapidement, et il ne faut pas hésiter à jouer la carte de la transparence avec ses fournisseurs stratégiques. Il faut absolument maintenir un climat de confiance avec ses partenaires.
La communication est-elle plus que jamais nécessaire?
Les partenaires financiers de l'entreprise demandent des informations encore plus précises qu'auparavant. Mieux vaut anticiper leurs questions. En interne, communiquer sur la situation de l'entreprise est également indispensable. Quand on travaille dans un secteur directement touché, comme l'automobile, il faut savoir rassurer et motiver le personnel pour garder ses bons éléments.
Que faire si la situation est vraiment critique?
Il ne faut pas hésiter à consulter un administrateur judiciaire dès que l'on anticipe des difficultés. Plus il sera impliqué en amont dans les réflexions, plus des solutions à l'amiable seront ouvertes.
La crise peut-elle profiter à certains?
De vraies opportunités fiscales existent, que ce soit le crédit d'impôt recherche, ou l'accélération remboursement des créances de carry back (remboursement de créances d'impôts, ndlr). La crise génère aussi bien sûr des opportunités de rachat d'entreprises saines ou en difficulté. Toute la difficulté consiste pour les dirigeants prendre le recul nécessaire par rapport aux urgences à court terme pour définir leur stratégie à moyen terme et analyser les éventuelles opportunités qui peuvent se présenter.