Maître Jacques : 6 M€ investis sur 3 ans
# Industrie # Investissement

Maître Jacques : 6 M€ investis sur 3 ans

La société agroalimentaire rennaise Maître Jacques voit grand. En 2008 elle a lancé un plan d'investissement de 6 M€ sur trois ans. Une décision motivée par la bonne progression des résultats du groupe, qui se sentait à l'étroit dans ses locaux. Et l'entreprise voit déjà plus loin. Prochaine étape, vers 2010: cap sur le Sud.

Il est loin, le temps où, en 1998, Maître Jacques était en redressement judiciaire. Depuis, en 1999, Jean Paul Laumaillé et son épouse Roselyne ont repris la société. Aujourd'hui, alors que les sirènes économiques crient à la crise, Jean Paul et Roselyne s'apprêtent à fêter le 10e bilan de leur société, qui affiche une santé de fer. En 2008, le CA de l'entreprise s'élève à 24 M€. De quoi conforter le plan d'investissement de 6M€ lancé cette année-là, financé à 60% sur les fonds propres de Maître Jacques, 40 % par emprunt. Fin 2008 la première phase de travaux est achevée. L'agrandissement des bureaux, du bâtiment d'expéditions et des vestiaires, c'est fait. Reste la construction de nouveaux ateliers de production et d'une zone de stockage. Le site, qui ne faisait que 3.600 m² en 1998 a aujourd'hui atteint 6.600m². Il en fera 11.000 à la fin des travaux en 2010.




Boosté par Pâques et les barbecues

Jean Paul Laumaillé l'avoue, «nous avons eu un début d'exercice difficile. La conjoncture était mauvaise mais les investissements lancés. Nous nous sommes posé des questions d'octobre à Pâques». Mais le retour des cloches a marqué la relance de l'activité chez Maître Jacques. Boostée par les sacro-saints gigots d'agneaux, la production est repartie en avril, pour ne plus ramolir. Les barbecues ont chauffé tout l'été, entraînant un regain d'activité sur les chaînes de la Z.I. de la Route de Lorient. Au plus chaud de l'été, Maître Jacques a mis 240 personnes au travail, pour une production atteignant les 180 tonnes de produits à base de viande par jour. Résultat le CA 2009 pourrait atteindre les 30M€ et l'entreprise familiale emploie aujourd'hui plus de 100 personnes, avec 80% des employés à la production et 20% côté administratif.




Été exceptionnel

«Cet été était exceptionnel», se réjouit Jean Paul Laumaillé, «notamment parce que nous avions de nouveaux distributeurs, de nouveaux produits et que le climat a été bon». Bon climat ? Oui, parce que Maître Jacques ne se concentre pas uniquement sur la Bretagne. «Nous ne progressons pas en Bretagne parce qu'il y a énormément de concurrence», confie le PDG. Maître Jacques lorgne sur toute la France, avec six commerciaux répartis sur le territoire. «Nous avons un commercial en Rhône-Alpes», précise Jean Paul Laumaillé, «où nous projettons d'installer une plate-forme d'ici à 2010 ou 2011 pour atteindre le Sud de la France». Spécialisé dans l'ultra-frais, Maître Jacques ne peut pas encore atteindre des marchés comme Paca, trop éloignée pour que les produits arrivent frais. Avec une base en Rhône-Alpes, le roi du barbecue s'offrirait le Sud de la France. Pourquoi ne pas avoir commencé par ça en 2008, plutôt que de renforcer le site de Rennes ? «Parce que la Bretagne a ses avantages», note le P-dg, «la logistique est très importante dans notre secteur et ici nous avons tout sur place : transporteurs, producteurs de viande et de légumes... Ça apporte beaucoup de souplesse».

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