Comment êtes-vous devenu DRH ?
Juriste de formation, j'ai démarré dans la magistrature. Ce métier n'était pas fait pour moi car « que de dossiers » et trop solitaire. En 1999, j'ai opté pour le droit social et un poste de juriste chez Lyreco. Puis j'ai eu l'opportunité de prendre la responsabilité du recrutement au bout de 5 ans, puis la DRH en 2006.
Quelles sont vos convictions en matière de RH ?
Il faut être dans l'anticipation : anticiper à la fois les besoins de l'entreprise et ceux des collaborateurs à moyen et long terme. Etre capable de voir les choses arriver de loin, ce qui permet d'avoir du recul pour voir comment on va pouvoir les gérer dans l'intérêt de l'entreprise et du collaborateur. Les deux ne sont pas antinomiques et au contraire peuvent matcher.
De quoi êtes-vous le plus fier pour votre entreprise au niveau de la gestion des RH ?
Le fait d'avoir fait en sorte que la santé et la qualité de vie au travail soit un des cinq axes stratégiques de Lyreco France. Avec un poste dédié qui est un référent santé car Lyreco est convaincu que pour continuer son développement, nous devons obligatoirement faire attention à la santé et à la qualité de vie de ses collaborateurs. C'est d'avoir une vraie stratégie autour de la prévention des risques pros, de la pénibilité, des facilities (ex : crêche d'entreprise ou cafétariat digne de ce nom...), qualité du management, ambiance dans l'entreprise, etc. On pourrait avoir tendance à oublier que si nos collaborateurs se sentent bien, ils seront meilleurs et donc plus performants.
Qu'est-ce qui aujourd'hui est difficile au plan humain ?
C'est de réussir à manager en terme de timing le rythme des changements dans l'entreprise et la courbe de deuil pour le collaborateur. Le collaborateur, notamment en France, a une assez forte réticence vis-à-vis du changement et il faut donc prendre du temps pour expliquer les choses et donner du sens.
Quel principal défi doit relever le monde de l'entreprise pour avoir des hommes et des femmes durablement motivés ?
Les carrières : les collaborateurs resteront chez vous si vous êtes capables de leur donner de la visibilité pour leur carrière : c'est-à-dire leur donner les moyens d'avancer, de progresser... Et c'est donc l'enjeu majeur de Lyreco en matière de RH, à la fois pour répondre aux besoins à court et moyen terme de l'entreprise et aux mêmes besoins pour les collaborateurs.
Qu'avez-vous déjà mis en oeuvre pour cela ?
Nous avons mis en place les plans de succession à savoir un process qui démarre lors des entretiens annuels et qui visent à recenser nos futurs besoins en matière de compétences, effectifs et profils et, côté collaborateurs, à cartographier et à évaluer les projets professionnels des collaborateurs. Que ce soit des souhaits d'évolution interne ou l'accompagnement des potentiels internes dans la consolidation au sein de leur poste. Nous avons mis en place pour gérer cela des comités carrières avec en parallèle un collaborateur de la RH qui a un poste dédié, le responsable carrières, qui a notamment comme mission d'accompagner ces projets professionnels.
Propos recueillis par Bertrand Lepoutre
fournitures de bureau Rencontre avec Thibault Lamiaux,DRH de Lyreco France. L'entreprise de Marly est labélisée top employeurs depuis deux ans.