C'est une entrepreneuse au parcours complet qui a été élue en mars dernier à la tête de l'association Femmes chefs d'entreprises (FCE) de Marseille. Installée dans la Cité phocéenne depuis treize ans, après avoir poursuivi des études de comptabilité en Guadeloupe, Lydie Alexer a travaillé pour Deloitte, puis pour Cityvox, avant de développer son activité en indépendante, puis de créer deux entreprises, en2006 et2007: SGE Domiciliation et Émergence Sud. Un véritable pari pour celle qui se définit comme une militante de la première heure. «J'ai toujours été une citoyenne engagée, en Guadeloupe comme à Marseille, confie-t-elle. J'ai oeuvré au sein de différentes associations, notamment en faveur de l'intégration». Membre de l'antenne locale des FCE depuis 2009, Lydie Alexer voit dans cette organisation «un mouvement économique qui oeuvre pour les femmes». Un réseau féminin, certes, mais «surtout pas féministe».
« Pas un alibi»
« Nous souhaitons faire évoluer les mentalités, explique-t-elle. Il est impératif que les femmes soient davantage représentées dans les grandes instances consulaires et patronales. Et en la matière, il reste encore pas mal de route à faire... Notre message est pourtant simple: à compétence égale, les femmes devraient bénéficier des mêmes responsabilités que les hommes». La nouvelle présidente des FCE du territoire a ainsi décidé de surfer sur l'événement Marseille Provence 2013 pour organiser cette année-là un Congrès mondial des femmes chefs d'entreprises. «Ce sera sans aucun doute le temps fort de mon mandat, estime-t-elle. Par ailleurs, je souhaiterais axer mon travail sur un rapprochement avec les écoles et les universités, afin de donner aux jeunes filles l'envie de faire de longues études, de s'investir. Je pense en effet que pour changer le visage de l'entrepreneur, il faut commencer par là». Entièrement tournée vers les grands enjeux de son mandat de trois ans, Lydie Alexer n'exclut toutefois pas de briguer ensuite d'autres responsabilités. Même si elle pose d'ores et déjà ses conditions. «Il faut se laisser le temps. Mais dans tous les cas, j'entends n'être jugée que sur la qualité de mon travail. Je ne veux pas être un alibi destiné à remplir des quotas de femmes».