LRMP : Trois start-up locales se lancent dans le marché des animaux connectés
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LRMP : Trois start-up locales se lancent dans le marché des animaux connectés

On connaît le poids économique des animaux de compagnie dans l'industrie de l'alimentation. Ils aiguisent aussi l'appétit de start-up qui veulent leur part du gâteau et proposent des services innovants pour animaux domestiques. Voici trois initiatives locales.

Frénétique est la recherche sur des applis dédiées aux animaux de compagnie, dont le marché de l'alimentation pèse 52 milliards d'euros au niveau mondial. Dans la région toulousaine quelques acteurs se positionnent pour décrocher le jackpot.




C'est la Mère Michel qui a perdu son chat !
L'idée de départ jaillit souvent du vécu. Ainsi pour Anne Dorange, cofondatrice de Camynoo, c'est la disparition d'un chat, puis d'un second retrouvé grâce aux réseaux sociaux, qui est le déclic : mettre dans une pièce de 20 ou 50 centimes, fixée au collier, le pedigree détaillé de l'animal ainsi qu'une fonction GPS qui prévient dès que l'animal sort du périmètre de sécurité qu'on lui a déterminé. Valable en cas de fugue, mais aussi en cas de vol des animaux, une version implant sous cutané est à l'étude pour pallier l'arrachement du collier. Selon Anne Dorange le marché est large, du chat au chien en passant par les équidés voire les moutons et vaches en estive. Quant à Nicolas Loiseau, chercheur en santé animale à l'Inra et cofondateur de Canhegat dans le Tarn, c'est la mode des podomètres connectés qui l'a inspiré pour les animaux de compagnie notamment citadins, 30 % d'entre eux souffrant de surpoids ou d'obésité. D'où un système, avec une base de données recelant 600 formules de croquettes, qui analyse l'activité physique quotidienne du chien ou du chat et adapte leur alimentation en fonction. Pour Julie Leleu, ESC Toulouse cofondatrice de Catspad à Toulouse, la question était : « comment puis-je nourrir mon chat quand je ne suis pas là » ? D'où la mise au point d'un distributeur de croquettes et d'eau commandé par l'appli reliée au collier de l'animal : celle-ci détermine les rations et suit l'état des réserves à distance.




Des marchés assez similaires

De façon à peu près homogène, nos trois acteurs ciblent la France et l'Europe plutôt du Nord, les Etats-Unis et le Japon. Autre critère : la capacité des propriétaires d'animaux à utiliser un smartphone. Ce qui fait dire à Julie Leleu de Catspad, que sa cible est les 25/45 ans. Nicolas Loiseau de Canhegat, lui, vise des clients entre 45 et 50 ans avec une distribution passant le plus possible par le réseau des vétérinaires alors que Camynoo table sur un panel d'animaux plus large pour générer du volume. « Nous voulons capitaliser plus sur l'abonnement à l'appli (moins de 5 € par mois) que sur la vente du matériel » explique Anne Dorange. Chez Canhegat, « avec un appareil à 100 €, l'appli sera gratuite mais nous aurons une page de publicité. » Catspad table uniquement sur la vente du distributeur de nourriture (299 €).




Quels financements ?

Les trois start-up ont bénéficié des diverses aides collectives (subventions CCI, Etat, Région, incubation...) ; deux ont eu recours avec plus ou moins de satisfaction au crowdfunding via le site www.indiegogo.com. Catspad visait une levée de 100.000 dollars pour l'industrialisation de son produit qu'elle proposait en précommande à prix préférentiel. 148 clients pour un CA de 20.000 € ont répondu : insuffisant mais instructif quant à l'origine des clients, 25 pays, les deux-tiers en Europe majoritairement en France. Les deux actionnaires cherchent donc maintenant des capitaux-risqueurs ou des business angels « en prenant garde de ne pas nous diluer ». À l'inverse, Camynoo démarrera par une levée de fonds pour l'industrialisation dès le mois de juin avec comme objectif 1 à 1,5 M€ : suivra une opération de crowdfunding en septembre mais plus pour créer une communauté, les camynooangels, faisant partie intégrante du concept. Chez Canhegat, le recours au service indiegogo n'a pas été satisfaisant : « Nous n'avons pas touché la population que l'on cherchait, concède Nicolas Loiseau, pour la mise sur le marché, nous allons faire une levée de fonds, entre 800 K€ et 1 M€, idéalement avec un seul apporteur ».

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