Le marché de l'immobilier d'entreprise est plutôt stable à Rennes depuis trois ans, que ce soit sur les prix des loyers ou sur l'offre immédiatement disponible. La capitale bretonne dispose en effet de 140.000 m² de bureaux libres, ce qui est plus que Nantes et Bordeaux, ses deux rivales de l'Ouest. Un atout si l'on veut trouver chaussure à son pied ! Mais aussi peut-être un signe de souffrance. « Nous assistons toutefois à une évolution à deux vitesses, constate Stéphanie Renet, présidente de la Fnaim Entreprises 35 et directrice associée de l'agence rennaise de BNP Paribas Real Estate. L'offre disponible en neuf est en baisse de 20 %, alors qu'elle augmente de 12 % en seconde main. C'est la même chose sur l'ensemble des métropoles françaises, qui voient globalement l'offre augmenter depuis 10 ans ».
Modernité privilégiée
Une explication ? Les chefs d'entreprise sont de plus en plus regardants sur l'environnement dans lequel ils veulent faire travailler leurs équipes, et donc cherchent des locaux modernes, l'accessibilité, le confort... « C'est important pour l'image qu'ils veulent donner à leur entreprise et un moyen de faire venir puis de conserver leurs collaborateurs », analyse Stéphanie Renet, qui assure pouvoir « répondre à l'ensemble des demandes que cherchent les entreprises ». Un bon point.
EuroRennes, la Courrouze et Viasilva ont la cote
Mais ce qui fait l'attractivité pour une entreprise, c'est aussi la localisation du bien qu'elle va louer. Dans les années qui viennent, ce sont les secteurs de la Courrouze, EuroRennes et Viasilva qui auront la cote, « car ils seront connectés aux réseaux de transports, en bord de rocade et il s'y crée une synergie par activité ». Ces zones, par leur modernité, sont en conséquence souvent plus chères. La moyenne des loyers à Rennes est d'ailleurs plus élevée que dans des villes plus grandes : dans l'ancien, il est de 152 €/m²/an, bien plus cher que Bordeaux (127,50 €), Nantes (115 €) ou Lille (125 €) ; dans le neuf, il atteint 160 €, contre 154 € pour Bordeaux et 142,5 € pour Toulouse par exemple... Sur EuroRennes, il est même annoncé un prix moyen de 205 €/ m²/an pour les bureaux à venir. « D'autre part, les charges foncières moins élevées à Nantes qu'à Rennes peuvent fermer le marché à des promoteurs, qui vont privilégier la capitale ligérienne », déplore Stéphanie Renet. « Le marché dira si les entreprises viennent ou pas sur EuroRennes. À ce prix-là c'est un pari ! Les valeurs d'EuroNantes sont, elles, à 175 €/m²/an, hors parking ».
+ 34 % d'offre d'entrepôts
A contrario, la ZI Sud Est, qui a fait son temps en tertiaire, « restera une zone majeure, mais en entrepôt et logistique », selon la représentante de la Fnaim. Globalement, l'offre de locaux d'activité et d'entrepôts sur la métropole rennaise est en hausse : + 34 % en un an, ce qui la place à la deuxième place des villes où l'augmentation est la plus importante. L'offre immédiate est de 222.300 m². 40 % du stock des locaux d'activités concerne des surfaces inférieures à 500 m², notamment à cause de la défaillance d'entreprises artisanales. Elles restent souvent vacantes à cause de leur vétusté, et du contexte économique peu favorable à la création d'entreprises. « Il y a eu moins de transactions l'année dernière, justifie Stéphanie Renet, ce qui enrichit le stock. Nous avons peu d'offres en neuf, car il y a une problématique du foncier : ce qui se construit est plutôt situé sur des terrains privés. Dans l'ancien il y a une vraie nécessité de faire des travaux lourds de reconversion, mais cela coûte très cher aux propriétaires. » Conséquence : « Beaucoup de chefs d'entreprise achètent leur patrimoine. »
Les loyers de bureaux, de locaux d'activités et d'entrepôts sont plus chers dans la métropole rennaise que dans certaines villes plus grandes. Les surfaces disponibles, elles, sont dans la moyenne.
État des lieux avec la présidente de la Fnaim Entreprises 35, Stéphanie Renet.