Louis-Pierre Wenes, numéro deux du groupe France Telecom Orange, a inauguré à Nantes une boutique qui préfigure la nouvelle approche commerciale du groupe.
Vous inaugurez une boutique Orange d'un nouveau genre. Est-ce une nouvelle forme d'offre commerciale?
Disons plutôt que cette boutique est une concrétisation de notre réflexion sur la façon dont on peut offrir le meilleur service à nos clients. Nous avons décidé d'accorder une plus grande place aux services et à la formation: aujourd'hui, face aux technologies, les gens ne viennent plus seulement acheter mais aussi chercher des conseils.
C'est un moyen de vous différencier de la concurrence?
Oui. Notre large base de clients a naturellement besoin d'être accompagnée dans sa découverte et sa maîtrise du monde numérique; nous avons un devoir de pédagogie vis-à-vis d'eux. Demain, notre distribution doit faire la part belle aux surfaces dédiées aux services et à l'accompagnement. Parallèlement, nous conserverons bien entendu nos implantations de proximité et nous n'avons pas l'intention de réduire le nombre de nos boutiques France Télécoms Orange, en dépit du développement des ventes sur Internet. Je rappelle qu'elles réalisent environ 65% de nos ventes...
Orange est dans le téléphone, la fibre optique, l'internet, et vous vous êtes également lancés dans l'offre de contenus. Quel est le sens de cette boulimie?
En réalité, tout cela est très cohérent. Aujourd'hui, nos clients veulent pouvoir accéder à des contenus n'importe où et quand ils le veulent. Nous faisons donc converger les technologies afin qu'à terme il n'y ait plus de différence entre leurs messageries fixe et mobile ou qu'ils puissent regarder un match de foot sur leur télé, leur PC ou leur mobile, à tout moment. Ensuite, en dehors de ce qui leur est personnel, photos, vidéos, messageries, voix, nos clients nous demandent du sport, du cinéma et des séries. C'est ce que nous leur donnons, même si nous ne produisons pas de contenus nous-mêmes.
Vous avez pourtant investi dans pas mal de domaines, le foot, le cinéma...
Oui, mais nous ne produisons pas. Orange achète des droits, des émissions et fait de l'agrégation.
Cela vous positionne quand même en concurrence avec d'autres producteurs de contenus que sont les chaînes de télévision. Ne risquent-elles pas de vous fermer les portes?
Non car notre mission ce n'est pas de faire des chaînes de télévision.
Mais votre offre va finir par ressembler à çà, non?
À la différence des chaînes traditionnelles, nous offrons une grande interactivité avec des contenus diffusés sur plusieurs écrans. Demain, de votre ordinateur vous déciderez de regarder un western, un documentaire sur votre prochain lieu de vacances, le journal de 20heures. Vous appuyez sur le bouton et tout cela est disponible quand vous le décidez. Vous devenez le créateur de votre programme de télé, sans contrainte d'horaire.
Vous vous activez beaucoup en faveur de la fibre optique. Quel est votre objectif dans ce domaine?
Jusqu'à présent on a bâti le réseau ADSL dont la couverture approche les 100% de la population française. On pourrait l'assimiler à un réseau de routes nationales. Désormais, il nous faut construire des autoroutes: c'est la fibre optique. Nous discutons actuellement avec le gouvernement sur les conditions de gestion des concessions. À l'instar de ce qui s'est fait sur le marché des mobiles, nous devons connaître ces règles avant d'investir massivement. Si nous souhaitons opérer sur un marché concurrentiel, nous souhaitons aussi rentabiliser nos investissements.