Qu'est-ce que la technologie Plugmed ?
La société a été créée en mai 2010 pour développer un connecteur interface entre l'intérieur et l'extérieur de l'organisme. Cette technologie permet la connexion avec un câble électrique externe et un câble implanté pour du transfert de fluides.
Comment la recherche a-t-elle débuté ?
Le docteur Pierre Sabin, président fondateur de Plugmed, a commencé ses travaux dans le milieu des années 90. La société est créée en mai 2010 sous l'impulsion du directeur du CHU de Rouen de l'époque, Christian Paire. Sur la technologie de base développée par Pierre Sabin, un premier système de transfert d'énergie électrique pour coeur ou ventricule artificiel a été mis au point. Ce projet a reçu le soutien des plus grands chirurgiens cardiaques européens. Mais, d'un point de vue des perspectives marchés, cela n'était pas aussi intéressant que la dialyse.
Pourquoi le marché de la dialyse est-il plus intéressant ?
Dans le monde, il y a 10.000 patients équipés d'un coeur ou d'un ventricule artificiel, alors qu'il y a deux millions et demi de patients équipés en dialyse. Fort de ce constat et grâce au soutien de BPI, de la Région Haute-Normandie et du concours mondial de l'innovation lancé par le Gouvernement en 2013 pour financer des projets innovants, nous avons réorienté le développement marché de la société courant 2014. Même si la chirurgie cardiaque reste un enjeu.
Quels sont les enjeux du projet Geroneph ?
Sa vocation est de développer un système d'accès vasculaire pour les patients en hémodialyse. Notre connecteur rétroauriculaire pourrait améliorer considérablement la qualité de vie des patients en dialyse péritonéale et en hémodialyse, leur permettant par exemple de prendre plus facilement des douches et des bains, ou encore, de ne plus être contraints par des pansements permanents. Notre technologie répond à un besoin clinique fort car elle vise à limiter les infections graves associées aux cathéters, comme la septicémie. Geroneph apporte une solution avec un connecteur ostéo-intégré en titane qui forme une barrière contre les agents pathogènes. Géroneph est conçu pour favoriser la dialyse à domicile et donc entrainer une baisse des coûts de prise en charge. Un produit qui ambitionne de créer un nouveau segment de marché important, une technologie de rupture.
Quels partenariats avez-vous noué pour développer Geroneph ?
Nous avons travaillé avec les CHU de Caen et de Rouen afin de comprendre le besoin clinique, avec des études rétrospectives et de données. Comprendre les besoins du médecin et du patient pour adapter notre technologie à l'hémodialyse à domicile. Pour protéger notre technologie nous avons déposé sept familles de brevets destinés à l'international car notre marché est mondial. Avec en tête l'Europe, puis les USA et l'Asie.
Vous venez d'obtenir deux millions d'euros pour votre développement avec le concours mondial d'innovation. Comment allez-vous les utiliser ?
Cette somme va servir d'accélérateur pour structurer la société
et aller vers les essais cliniques. On va pouvoir être plus ambitieux dès le départ et travailler en même temps sur les deux types de dialyses. Nous allons pouvoir disposer de plus de machines et dans les deux prochaines années Plugmed devrait doubler son nombre de salariés et passer à une vingtaine.
Entretien Sébastien Colle
www.plugmed.com/fr/
Start-up installée à la pépinière Seine Biopolis à Rouen, Plugmed développe Geroneph, un projet de connecteurs d'hémodialyse destinés à relier un rein artificiel aux vaisseaux sanguins du patient. Directeur général de Plugmed, Louis de Lillers parle d'une technologie de rupture.