Lorraine : Centrale de Cattenom : 200 M€ injectés dans la maintenance en 2016

Lorraine : Centrale de Cattenom : 200 M€ injectés dans la maintenance en 2016

Comme tout le parc nucléaire français, la centrale de Cattenom fait face à deux défis de taille : prolonger l’exploitation et tirer les enseignements de Fukushima.

L’année 2016 va être très chargée pour les 1.395 salariés de la Centrale nucléaire de Cattenom : les arrêts de tranche ont commencé dès le mois de février et vont s’enchaîner jusqu’en décembre. Arrêt pour recharger du combustible, visite décennale d’une unité de production et visite partielle d’une autre unité, « nous serons en campagne toute l’année », souligne le directeur du site, Guy Catrix. En 2015, les travaux de maintenance programmés à la centrale nucléaire de Cattenom ont coûté 85M€. « Une année moyenne », estime le directeur, qui pose le chiffre pour 2016 : « Notre budget pour la maintenance est de 200M€ ». Un chiffre conséquent, qui devrait profiter au deux-tiers à des « entreprises locales ». Ce chiffre recoupe aussi plusieurs défis pour la centrale lorraine : prolonger l’exploitation des tranches nucléaires au-delà de 40 ans et renforcer encore la sécurité des installations suite à l’accident de Fukushima et au retour d’expérience qui a suivi. « Notre " permis de conduire " est valable dix ans », souligne Guy Catrix, qui, avec cette comparaison rappelle que c’est l’Autorité de sûreté nucléaire qui juge si EDF peut continuer à exploiter ses centrales tous les dix ans.

Diesels d’ultimes secours

« Pour aller au-delà de 40 ans, nous allons par exemple changer les transformateurs principaux ou encore rénover la salle des commandes. Sur la période 2020-2022, nous allons aussi remplacer les générateurs de vapeur, des pièces qui font 300 tonnes », détaille Guy Catrix. Le volet « post-Fukushima » des travaux est différent, puisqu’il consiste à rajouter des lignes de défenses supplémentaires face aux agressions extérieures. En 2016, les travaux des « diesels d’ultimes secours » ou DUS dans le jargon de l’électricien seront lancés : il s’agit d’énormes générateurs fonctionnant au diesel capables d’alimenter la centrale. « Mais nous avons déjà cinq sources d’alimentation électrique indépendante », précise Guy Catrix. « Nous allons donc en rajouter une sixième ». L’ensemble de ces travaux « post-Fukushima » devrait peser entre 20 et 30 % dans l’ensemble des montants injectés dans les travaux autour de la centrale.