Lorca construit un nouveau silo pour gagner des parts de marché
# Agroalimentaire # Investissement

Lorca construit un nouveau silo pour gagner des parts de marché

La coopérative céréalière Lorca construit un silo dernière génération. Objectif : gagner des positions sur un marché européen en repli.

La construction d'un silo demeure un évènement rare, y compris au Nouveau port de Metz, premier ports fluvial céréalier de France avec 1,8 million de tonnes expédiées chaque année sur la voie d'eau. Les travaux de VRD nécessaires à l'aménagement de cet équipement « nouvelle génération » ont commencé en avril. La mise en service attendue pour l'été 2016 permettra à son exploitant, le groupe Lorca (470 personnes), d'augmenter ses capacités de stockage de 25 000 tonnes, mais aussi de gagner en autonomie en termes logistiques.

La coopérative céréalière basée à Lemud a saisi l'opportunité d'exploiter un des derniers terrains disponibles sur le port : 1,6 hectare en bordure de la Moselle. « Metz est un site logistique majeur pour nous, au barycentre de nos zones d'approvisionnement et de commercialisation », rappelle Jean-Charles Denis, responsable céréales de Lorca. Effet, ses installations actuelles sur le Nouveau port de Metz (165.000 tonnes de capacité) sont alimentées par un réseau d'une trentaine de silos de proximité. Les blés, colzas et orges sont ensuite expédiés à 80% par voie d'eau en direction du Benelux et à 20% par la route vers l'Allemagne et l'Alsace.

Jusqu'alors inexploitées, les emprises foncières de la presqu'île du port ont été ouvertes à la construction pour répondre aux besoins en stockage de conteneurs. Lorca tout comme la société BGIE (Béton granulats Ile-de-France et Est) n'ont pas voulu rater le coche. « Il s'agit de préparer l'avenir », résume Raphaël Simon, responsable des investissements du groupe Lorca. L'opération, d'un coût de 10 M¤, devrait être amortie sur vingt-cinq ans. Elle permettra d'accompagner la croissance du groupe : + 18% de chiffre d'affaires en quatre ans. Lorca compte également gagner en autonomie grâce à ce nouveau silo. En effet, ses installations actuelles ne disposent pas d'un accès direct à la voie d'eau. Par conséquent, le groupe doit passer par l'intermédiaire d'un autre acteur du port pour charger ses bateaux, en l'occurrence la coopérative In Vivo.

Palplanches métalliques contre béton

Par ailleurs, le nouvel équipement en palplanches métalliques devrait permettre de dépasser la barre des trois rotations annuelles (remplissage/vidange du silo), le chiffre atteint par les anciennes générations de silos en béton. Avec quatre à cinq rotations, le flux généré devrait atteindre 100.000 tonnes par an. Les explications du responsable des investissements : « les cellules du silo sont positionnées sur des cônes ce qui permet des vidanges intégrales. Cette caractéristique va permettre une rotation plus rapide des différents produits, car nous allons faire l'économie d'interventions humaines ou mécaniques ». Enfin, ses parois lisses devraient simplifier les opérations de nettoyage. En termes de débouchés commerciaux, le silo doit permettre à Lorca de continuer à gagner des parts de marché auprès des malteries, meuneries, fabricants d'aliments pour bétail de la vallée du Rhin, un bassin de production et de consommation majeur en Europe. Et ce dans un contexte global de repli des industries de transformation céréalière sur le vieux continent.

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