Les années passent et l'enjeu de la formation professionnelle demeure toujours aussi central. Au moins dans les discours ! Car sur le terrain, les freins restent les mêmes. L'organisme paritaire collecteur Opcalia Normandie, par la voix de son président Éric Eskinazi, le reconnaît volontiers : « les entreprises ont du mal à mesurer ce que nous pouvons leur apporter ». Un constat sévère mais sans amertume qui a poussé l'OPCA interbranches à commanditer une étude nationale auprès du cabinet Goodwill-management pour « mesurer sa valeur ajoutée » d'où il ressort qu'un euro dépensé par Opcalia en frais de fonctionnement entraîne un effet multiplicateur de 5,3 au bénéfice de « l'écosystème » de la formation professionnelle. « Les petites entreprises ne sont pas structurées pour appréhender la valeur ajoutée de nos actions ; c'est à nous de forcer leurs portes », assume Éric Eskinazi.
Un véritable challenge dans un pays « où la capacité d'apprendre un nouveau métier est faible », juge le représentant d'Opcalia en région. « Cela entraîne un manque de productivité, des difficultés de recrutement et donc des pertes pour l'entreprise. Nous sommes face à un vrai problème de gestion des compétences ».