Le créateur
À 43 ans, Frédéric Fontaine est immergé depuis 16 ans dans le monde de la collecte et de la valorisation de déchets. Il a travaillé pour des grands groupes mais aussi pour des PME.
L'idée
« J'ai pu constater, qu'en France, un certain nombre de déchets plastiques, notamment des plastiques rigides, n'étaient pas recyclés. Il s'agit de tous ces objets, comme les salons de jardin, les poubelles, les seaux..., qu'on ne peut pas mettre dans une poubelle et qu'on emmène dans une déchetterie. Sauf que, dans 95 % des cas, ces objets finissent dans la benne des encombrants, avec à la clé, un enfouissement », explique Frédéric Fontaine. « Ces déchets demandent beaucoup de tri et de séparation, et nous n'avons pas vraiment de structure en France capable de le faire ». De ce constat est né l'idée de créer, ex-nihilo, une usine de recyclage de plastique ciblant ces produits. Frédéric Fontaine travaille sur ce projet depuis plus d'un an. « À l'étranger, j'ai vu fonctionner des process performants, nous allons les reproduire». Les déchets seront triés, dépoussiérés, démétallisés, broyés et séchés pour offrir une nouvelle matière première, low cost.
Les débuts
Après avoir créé Recytep en avril dernier, avec un capital social de 35.000€, Frédéric Fontaine a déniché le lieu d'implantation de son usine. Elle prendra place à Saint-Just-en-Chevalet, sur une friche industrielle de 3.400 m² sur deux hectares. Recytep sera locataire d'Epora pendant quatre ans, avant acquisition du site. Avec l'embauche programmée de 3 personnes, la production devrait démarrer en fin d'année grâce à un financement de 700.000€ récemment bouclé. En attendant le lancement opérationnel, Frédéric Fontaine mène une double action commerciale. D'un côté, il tente de séduire les collectivités de mieux trier leurs déchets et de lui confier le recyclage. De l'autre, il démarche les compounders et les professionnels de l'injection plastique. « Grâce à mon réseau, j'ai déjà un certain nombre d'engagements signés. Essentiellement à l'étranger, car en France il y a un gros travail à faire. Les industriels français n'ont pas l'habitude de travailler cette matière. Mais, grâce au bas prix de celle-ci, ils vont pouvoir se positionner sur des marchés sur lesquels ils n'étaient pas compétitifs, les palettes plastiques par exemple... ».
Les objectifs
Accompagné par Réseau Entreprendre Loire, le créateur de Recytep vise un chiffre d'affaires d'un million d'euros sur le premier exercice plein (valorisation de 2.500 tonnes) et 2,5 M€ sous quatre ans avec 12 salariés (valorisation de 5.000 tonnes). L'entreprise devrait être à l'équilibre dès la première année de production et arriver rapidement à une rentabilité de l'ordre de 30 %. « Oui, il y aura une belle rentabilité si tout se passe comme prévu. Mais je garde les pieds sur terre. Cet argent sera réinvesti pour quadrupler les capacités de production d'ici quatre ans. Il faudra alors remettre 500.000€ sur la table ». Un investissement qui sera facilité par le classement de Saint-Just en Chevalet en ZRR (zone de revitalisation rurale) engendrant une exonération totale de l'IS et de la CFE pendant cinq ans.