Loire-Atlantique : Conjoncture : Les nuages noirs s'accumulent à l'horizon.. :
# Conjoncture

Loire-Atlantique : Conjoncture : Les nuages noirs s'accumulent à l'horizon.. :

Si la Loire-Atlantique résiste mieux qu'ailleurs, l'horizon semble s'obscurcir dans plusieurs secteurs.

«La Loire-Atlantique est comme un atoll au milieu du Pacifique, avec un ciel bleu au-dessus de sa tête. Mais le département voit arriver à l'horizon de gros nuages. Reste à savoir si c'est une tempêteet si les éclaircies vont vite revenir». Président du Tribunal de commerce de Nantes, Guy Lézier verse dans la métaphore météorologique pour évoquer la conjoncture économique locale. Certes, le taux de chômage départemental est inférieur à la moyenne nationale. Certes, quelques secteurs d'activité, en particulier l'aéronautique, ont le vent en poupe localement. Certes, le nombre de dépôts de bilan est en régression. Entre juin et la mi-septembre, «le rythme de défaillance a baissé de 50% par rapport à l'an passé. Nous sommes revenus à un rythme d'avant crise», assure Guy Lézier. Il n'empêche, l'horizon semble bien s'obscurcir pour «l'atoll ligérien», avec des indicateurs pour le moins dégradés dans des secteurs comme la restauration, les transports et le bâtiment. Porté par l'effet Scellier, le secteur de l'immobilier est à la recherche d'un second souffle, en attendant les contours du futur dispositif fiscal Duflot. En Loire-Atlantique, les promoteurs immobiliers ont ainsi enregistré un recul des ventes de 34% au premier semestre 2012. «Il y a urgence pour les entreprises du bâtiment. Les carnets de commandes sont dramatiquement bas pour 2013», s'alarme Bruno Lucas, président du Medef régional. «Cela va être brutal», prédit le président du tribunal de commerce. Dans l'industrie mécanique, les premiers signes d'essoufflement se font également sentir. Manitou voit sa croissance fortement ralentir et se sépare de ses intérimaires alors que Theam à Bouguenais, spécialiste du tapis convoyeur à béton, vient d'être placée en redressement judiciaire. Dans l'industrie, un tiers des salariés de STX, faute de commandes, sont en chômage partiel, alors qu'à Châteaubriant le constructeur de wagons ABRF, placé en procédure de sauvegarde, pourrait passer sous pavillon russe (lire page14). Dans les services, certains secteurs jusqu'alors épargnés, y compris durant la crise de 2009, commencent à trinquer, à l'instar du spécialiste des réseaux télécoms Prosystel à La Chapelle-sur-Erdre, placé, lui aussi, en procédure de sauvegarde. Selon Guy Lézier, quatre facteurs risquent d'aggraver une situation aujourd'hui peu réjouissante: le resserrement des trésoreries, liés à des délais de paiement plus longs, y compris de la part des collectivités; le repli des grandes entreprises qui pénalisent leurs sous-traitants; les LBO réalisés avant la crise, souvent à des prix trop élevés; et surtout le fait que beaucoup d'entreprises sortent fragilisées de la crise précédente.

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