Après un succès fulgurant, Ossabois a vécu quelques années difficiles depuis 2009... Plans de sauvegarde de l'emploi, pertes financières comblées par le nouvel actionnaire... Oui effectivement, la crise économique a eu un fort impact sur l'entreprise dès 2009. Les volumes se sont effondrés. À partir de 2013, l'activité est repartie. Mais, pendant deux ans, Ossabois a souffert d'une autre problématique qui a, elle aussi généré des résultats négatifs (résultats non communiqués NDLR) : elle n'arrivait pas à suivre la cadence et à produire dans de bonnes conditions.
Pourquoi ? Quels étaient les freins ?
Ossabois était spécialisée, depuis sa création en 1981 par Pascal Chazal, dans la construction de maisons individuelles à ossature bois. Dès 2008, il a amorcé un tournant en s'orientant vers l'habitat collectif. Le virage a été pris complètement en 2010. Car Ossabois avait une ambition nationale et il était difficile de grossir en restant positionnée sur de l'habitat individuel. Aujourd'hui, nous ne faisons absolument plus aucune maison individuelle. Dans cette période compliquée, des nouveaux produits ont été imaginés : de l'habitat collectif modulaire et des salles de bain en bois. Pour les hôtels, les résidences étudiantes, les casernes... Pendant deux ans, en 2013 et 2014 il a donc fallu se rôder sur ces nouveaux produits, réajuster les process, les équipes etc. Il a fallu mettre en place une nouvelle organisation pour aller vers des métiers plus complexes, apprendre à évaluer correctement les prix des projets... Nous avons essuyé les plâtres. 2015 a ensuite été une année de transition.
Et aujourd'hui ?
Nous maîtrisons désormais parfaitement ces nouveaux métiers et nous sommes en capacité de produire nos commandes grâce à des investissements importants en capacité de production et amélioration des conditions de travail (3M€ investis depuis 2014 NDLR). Nos trois usines (Saint-Julien-la-Vêtre, Thiers, et celle des Vosges rachetée au groupe Seb) tournent à plein régime. 2016 sera ainsi notre première année à l'équilibre depuis longtemps, avec un chiffre d'affaires de 36 M€. C'est une vraie satisfaction. Tout est construit dans nos ateliers, nous livrons des cubes entièrement terminés aux clients. Ceux-ci peuvent être empilés pour constituer des petits immeubles de quatre étages.
Vous dites que vos usines tournent à plein régime... le carnet de commandes est donc très satisfaisant ?
Il faut être méfiant car le secteur de la construction n'est pas encore vraiment reparti mais nous avons une bonne visibilité pour la fin de l'année et 2017. En plus des commandes habituelles de programmes collectifs, plusieurs projets exceptionnels ont été signés. Notamment la réalisation d'une extension de 150 cottages pour le Center Parc situé en Lorraine, parc dont nous avions déjà réalisé la première tranche. L'État nous a également commandé plusieurs casernes (nombre non divulgué NDLR) pour l'armée, dans le cadre du plan Sentinelle. Chaque caserne a une capacité d'accueil de 177 personnes. On en produit deux par mois actuellement.
Quelles sont les prochaines étapes du développement d'Ossabois ?
Nous allons d'abord digérer celle que nous venons de passer. D'ici quatre ans, nous réfléchirons à un nouveau déploiement : peut-être vers l'Ouest de la France et vers des marchés que nous ne touchons pas actuellement comme la grande hauteur. Aujourd'hui, nos immeubles sont d'une hauteur maximale de quatre étages.
Vous recensez actuellement 160 salariés répartis sur vos trois sites. Et une centaine de CDD et intérimaires. Le ratio entre les emplois temporaires et les emplois permanents est important...
C'est très courant dans la construction. Nous avons des commandes exceptionnelles... Nous espérons que d'autres leur succéderont mais ce n'est pas certain. L'entreprise doit donc rester agile et s'adapter. Ceci étant, nous sommes en sous-effectif et nous recherchons une vingtaine de personnes pour nos usines de Noirétable et Thiers : des électriciens, des soliers, des carreleurs, des plombiers. Nous avons du mal à recruter, sans doute à cause de la situation géographique éloignée des grandes agglomérations. Nous pallions ce problème en travaillant avec des sous-traitants ou en formant nos effectifs à une plus grande polyvalence.
Ossabois
(Saint-Julien-la Vêtre) Directeur général : Michel Veillon 260 salariés dont 160 permanents CA 2015 : 36 millions d'euros www.ossabois.fr
Construction ossature bois. La PME de Noirétable, créée en 1981 par Pascal Chazal et filiale du groupe Bouygues depuis 2010, sort la tête de l'eau. Après plusieurs années mouvementées, elle a su réorienter sa stratégie et innover pour séduire de nouveaux clients. Elle réalisera en 2016 son premier exercice à l'équilibre depuis plusieurs années. Michel Veillon, son directeur général depuis fin 2014, revient sur ce rebond.