Loi Travail : Une reculade pour les patrons normands

Loi Travail : Une reculade pour les patrons normands

Forfait-jours, indemnités prud-homales, garantie jeunes, heures supplémentaires… La loi Travail promettait de changer véritablement le Code du travail. Mais, étudiants et syndicats ont poussé le Gouvernement à revoir sa copie. Une nouvelle mouture édulcorée vécue comme une reculade et un fiasco par les patrons normands.

Garantie jeunes, modulation de la durée de temps de travail par accord d’entreprise ou par branche, nouvelle définition du motif économique de licenciement, heures supplémentaires, indemnités prud’homales, compte personnel d’activité… Les principales mesures annoncées par la première version de la Loi Travail portée par le Gouvernement Valls III promettaient de véritables changements dans le Code du Travail français. Elles avaient d’ailleurs suscité l’enthousiasme du monde patronal et de ses représentants à l’image du Medef et de la CGPME.
Mais, les mouvements sociaux, menés par les étudiants et syndicats sont venus fortement contester ces mesures d’adaptation du droit du travail français à la mutation d’un environnement économique mondialisé nécessitant flexibilité et réactivité. Des leviers nécessaires pour permettre aux entreprises de conserver leur compétitivité et ne plus avoir «peur» d’embaucher. Une contestation payante puisqu’elle a forcé le Gouvernement à revenir en grande partie sur les fondamentaux de sa réforme.

Reculade

«J’avais dit que je la voterai… Mais, on ne sait plus ce qui va en sortir», déclarait récemment Hervé Morin, président de la Région Normandie, traduisant le désarroi du monde patronal local face aux circonvolutions d’une loi vidée de sa substance. «C’est une grande déception! Une vraie reculade», se désole Arnauld Daudruy, président du Medef Normandie qui poursuit: «Nous pensions qu’il y avait une prise de conscience du Gouvernement face aux cinq millions de chômeurs, les 25% de jeunes au chômage. 90% des contrats de travail signés en 2015 l’ont été en CDD ou intérim, c’est considérable! Et 70% des chefs d’entreprises ont peur d’embaucher. On a en face de nous deux voisins, l’Allemagne et le Royaume-Uni ou les taux de chômage sont respectivement de 4,5% et 5%. Ce n’est pas pour rien, ils ont fait leur réforme du Code du Travail. Tout le monde crée de l’emploi en Europe, sauf la France, seul pays à ne pas avoir fait les réformes indispensables. À un moment, il faut entrer dans la culture du résultat, ce qui marche bien chez les voisins, il faut se l’appliquer!»...

Dossier complet à lire dans notre prochaine édition à paraître vendredi 1er avril.