«La logistique, c'est l'industrie de demain!» C'est le P-dg de l'opérateur fluvial Marfret, Raymond Vidil, qui le dit. Un constat partagé par beaucoup des participants des 3e Assises de la Logistique qui se sont tenues auHavre en décembre dernier. «Notre pays a du mal à rompre avec l'idée d'une industrie forte», résume-t-il, déterminé à prendre son bâton de pèlerin pour «convaincre que la logistique peut devenir une vraie valeur ajoutée».
«La Seine, un tapis roulant à conteneurs
» Des propos qui viennent en échos de ceux d'un préfet de région particulièrement offensif sur le sujet qui appelle les acteurs du secteur «à se structurer comme un secteur industriel à part entière», à l'image de ce que l'on peut observer chez nos voisins du Benelux, notamment; Rémi Caron rappelant au passage que la logistique «pèse» aujourd'hui quelque 40.000 emplois dans une région «qui n'a pas vocation à être une région de passage!» Une chose est sûre, le potentiel existe, martèle le président de Logistique Seine Normandie Walter Schoch qui rêve la Seine en «tapis roulant à conteneurs»! Une perspective pas si fantaisiste que cela, si l'on en croit le P-dg de Marfret Raymond Vidil: «d'ici 2013, cent trente nouveaux navires de 10.000 EVP (équivalents vingt pieds) et plus vont arriver sur le marché, ce qui en fera plus de deux cent au total. Et il va falloir trouver les moyens de massifier la logistique». Et faire en sorte que la Haute-Normandie et ses ports jouent pleinement de leurs atouts.
«Un très gros port européen
» Président du conseil de surveillance du Grand Port Maritime de Rouen, André Laude (Senalia) invoque quant à lui la nécessité de «mettre en musique la complémentarité entre Rouen et LeHavre». Complémentarité dont le groupe céréalier joue pleinement en aménageant un nouveau poste de déchargement de péniches à Rouen tout en développant ses exportations d'orge de brasserie en conteneurs à destination de la Chine, trafic qui ne demande qu'à exploser, selon lui. De Claude Gressier, qui pilote le comité de coordination interportuaire, à Philippe Deiss, président du Directoire du port de Rouen, en passant par son homologue havrais Laurent Castaing, tous louent cette complémentarité dont on parle beaucoup: «Avec 110 Mt additionnées, nous sommes un très gros port européen», lâche Laurent Castaing. Au final, c'est le tout nouveau maire duHavre Edouard Philippe qui défini l'enjeu: «Beaucoup de territoires se cherchent des perspectives. L'axe Seine, c'est la nôtre!»
Guillaume Ducable