Une entreprise peut-elle faire confiance à un logiciel gratuit? Vaste question à laquelle il n'existe évidemment pas de réponse absolue, mais à laquelle on peut donner quelques éclaircissements. Tout d'abord, il est nécessaire de préciser les choses. Logiciels libres, sharewares, freeware, ces termes décrivent des produits bien différents. Née dans les années 80, la notion de logiciel libre est très précise: elle suppose une libre distribution du produit, l'accès au code source et la possibilité de modifier celui-ci. Un freeware, lui, est simplement un logiciel gratuit. Quant au shareware, c'est un mode de distribution qui suppose une rétribution a posteriori des développeurs. En toute orthodoxie, les logiciels ainsi consacrés doivent être absolument complets en termes de fonctionnalité; pourtant, on les confond souvent avec les versions de démonstration, limitées dans leurs possibilités ou dans le temps.
Installation et formation
En dévoilant leurs sources, les logiciels libres vous assurent de leur innocuité. Tous ne demandent pas autant d'expertise que Linux (et son célèbre pingouin), système d'exploitation qui vise à concurrencer l'omniprésent Windows. À moins de posséder une solide direction informatique, il faudra s'adresser à un prestataire pour l'installation d'une des distributions Linux (les principales sont Mandriva et Unbutu), la formation et la maintenance. Ce n'est pas le cas de certains logiciels fonctionnant sous Windows. La suite bureautique OpenOffice, par exemple, est parfaitement accessible à tous les utilisateurs de Microsoft Office, tandis que Mozilla Thunderbird pourra remplacer le logiciel de messagerie Microsoft Outlook. Les logiciels libres sont aussi très présents dans les outils réseau ou les logiciels de serveur (Apache, par exemple, reste majoritaire sur le marché des sites web).
Gare aux virus
Les freewares doivent en revanche inciter à la prudence. Comment savoir s'ils ne renferment pas des spywares, logiciels espions plus ou moins dangereux, voire des virus? Ou qu'ils ne vont pas malencontreusement écraser de précieuses données ou corrompre le système sur lequel ils sont installés. Plus généralement d'ailleurs, une entreprise connectée à l'internet doit mener une véritable politique de sécurité. A minima, une TPE se contentera d'installer une suite comprenant un anti-virus (Norton, McAfee..., comptez de cinquante à une centaine d'euros par an) et veillera à ne pas être en retard des mises à jour. Mais la prudence imposerait aussi un contrôle des sites internet - et l'éventuel blocage de certains services, par exemple les réseaux peer to peer ou s'échangent les fichiers piratés -, ou encore l'interdiction d'installer un logiciel sans que celui-ci ait été validé par la direction des systèmes d'information.
Trois clics: c'est généralement suffisant pour trouver, sur internet, un logiciel gratuit pour à peu près tous les usages possibles, de la comptabilité à la retouche d'image en passant par l'écriture d'équations mathématiques ou les langages de programmation. Pour autant, que valent ces applications gratuites?