Vous venez d’annoncer l’embauche d’un directeur digital de poids, Christophe Duhamel le fondateur et ex-dirigeant de Marmiton, pour développer l’audience, ainsi que d’une social média manager. Est-ce le challenge aujourd’hui de gagner en notoriété ?
D’ici 3-4 ans, nous visons 1 % d’audience nationale, soit environ 570 000 auditeurs. C’est faisable mais ambitieux. Au 4e trimestre 2024, Médiamétrie a comptabilisé 130 000 auditeurs sur l’Île-de-France, et les premiers chiffres apparaissent sur Lyon, Marseille, Bordeaux et Toulouse, signe que nous devenons visibles. En streaming, nous comptabilisons 250 000 auditeurs et depuis notre création en 2021, 5 millions de nos podcasts ont été téléchargés. Nous devons gagner en notoriété auprès des auditeurs et des entreprises. L’autre objectif est le chiffre d’affaires. En 2025, nous voulons franchir le million d’euros, en 2026 passer à 2 millions puis 3 millions dans deux ans.
Votre business model est singulier puisque vous limitez les publicités à 4 minutes par heure, soit trois à quatre fois moins que les radios nationales traditionnelles. En parallèle, vous impliquez les entreprises. Est-ce que ça fonctionne ?
AirZen n’est pas rentable aujourd’hui, elle reste portée par le groupe Mediameeting (200 salariés, 12 M€ de CA, NDLR), dont elle est une filiale. Nous avons pour l’instant peu d’annonceurs, mais ce n’est pas grave puisque notre business model ne prévoit que 30 % de la régie publicitaire. Notre dominante est le BtoB. Nous avons des entreprises partenaires, actuellement huit (Léa Nature, Ceva Santé Animale, Les Mousquetaires…), qui s’engagent pour trois ans. Nous leur vendons des contenus pédagogiques réalisés par nos journalistes business ou des publirédactionnels. C’est du sponsoring. Par exemple avec des banques, ce peut être des sujets sur la déconsommation ou des conseils sur un achat immobilier. Avec Léa Nature, des sujets sur les produits bio, avec Ceva sur les animaux. Les podcasts sont sur le web mais ne sont diffusés à l’antenne qu’après validation du directeur d’antenne en toute indépendance. Ce ne sont jamais des sujets conflictuels.
En tant qu’entreprise à mission et média positif, vous touchez une sphère BtoB déjà acquise à votre cause. Cela facilite-t-il les choses ?
De plus en plus d’entreprises nous contactent mais nous sommes vigilants à rester cohérents. De la même manière que nous ne diffusons que de la musique "feel good" et bannissons la politique et les faits divers, nous n’acceptons pas n’importe quel annonceur ou partenaire. Ce n’est pas une coquetterie mais un engagement. Les Français en ont assez des sujets anxiogènes et les médias doivent changer de business model. Nous connaissons bien le BtoB que nous pratiquons depuis 20 ans avec Mediameeting, devenu leader français des radios d’entreprises.
AirZen en chiffres aujourd’hui, c’est quoi ?
C’est la 26e radio nationale créée, la deuxième en production de podcasts (300 par semaine) derrière Radio France, c’est 50 salariés dont 15 journalistes répartis entre Bordeaux et Paris, une diffusion 24 h/24, 500 fréquences publiques soit autant que France Inter mais en DAB, pas en FM. Le Digital Audio Broadcasting, est le réseau numérique terrestre appelé à remplacer la FM. Les voitures et postes radio récents en sont équipés. Nous diffusons aussi sur Internet et les plateformes (Deezer, Spotify…) et pratiquons beaucoup le "test and learn". Nous avons lancé l’AirZen Université, des formations positives telles que "Comment communiquer positivement des informations négatives", et AirZen Events, avec un modèle déclinable pour les entreprises.