À Tullins, à quelques mètres de grands champs de noyers, un bâtiment tout en bois flambant neuf est venu agrandir le site de production du groupe Eur’Ohm (130 salariés ; 40 M€ de CA). La PME iséroise, fondée en 2003, conçoit et fabrique du petit matériel électrique et notamment des boîtes d’encastrement pour les prises et interrupteurs. Le groupe qui possède également deux autres activités, les installations dédiées à la production d’énergies renouvelables (panneaux photovoltaïques, chaudières et poêles à granules) et la conception et distribution de petits éclairages solaires, a entamé une relocalisation de son activité il y a une dizaine d’années. En 2015, l’entreprise a ainsi construit un premier site de production à côté de son siège pour rapatrier une partie de la production de boîtiers d’encastrement, jusque-là située en Asie. Elle vient de poursuivre ce mouvement avec la construction d’une extension de 4 000 mètres carrés, portant la surface totale d’usine à 5 400 m².
Automatisation de la production
"La condition pour rester compétitif tout en produisant en France est d’être très automatisé", explique Timothée Emelien responsable des projets immobiliers d’Eur’Ohm et responsable RSE du groupe. "Le fait de fabriquer en France répond à la fois à une volonté des dirigeants de réduire l’empreinte carbone de notre groupe et de sécuriser la production par rapport aux risques géopolitiques", poursuit Timothée Emelien.
La nouvelle usine accueille ainsi trois types de machines, pour l’injection plastique destinée aux boîtiers, l’assemblage et l’emballage. Le site, qui comprenait depuis 2015 trois lignes, détient désormais trois nouvelles machines 100 % électriques, qui devraient permettre de multiplier par deux la production. "Elles sont plus rapides et plus fiables que l’ancienne génération", poursuit le responsable. De quoi répondre à l’accélération de la demande des clients français depuis 18 mois, malgré le ralentissement du marché de la construction. "Nous ne travaillons pas uniquement pour des clients liés à la construction, une grande partie de notre marché est dans la rénovation, qui est en train de se reprendre, et le tertiaire", poursuit Timothée Emelien.
15 millions d’euros d’investissement sur 5 ans
Ce nouveau bâtiment a représenté un investissement de 6 millions d’euros et a été pensé pour réduire au maximum l’empreinte énergétique de l’entreprise. L’usine est ainsi chauffée par une chaudière à granules tandis que le toit est équipé de panneaux solaires. L’acquisition de nouvelles machines devrait par ailleurs représenter un coût de 9 millions d’euros environ. "À terme, nous devrions avoir une vingtaine de lignes", explique Timothée Emelien.
Une PME indépendante
Un investissement global de 15 millions sur cinq ans donc, financé en fonds propres et prêt bancaire mais sans ouverture de capital, l’entreprise étant entièrement détenue par deux familles actionnaires. "Il y a aussi un peu d’actionnariat salarié, ajoute le responsable. Nous avons la chance d’être une PME indépendante et cela nous a permis de continuer à investir même quand la conjoncture a ralenti et ainsi d’être prêt au moment du redémarrage". Une condition nécessaire pour améliorer les process, les technologies et ainsi demeurer compétitif face au marché asiatique.