Le Royaume-Uni investit Lyon et Rhône-Alpes. En début d'année, c'est une délégation de UK Trade & Investment qui s'est installée dans la région. En septembre, le British Council a ouvert un centre de langue à Lyon Part-Dieu pour enseigner largement l'anglais aux professionnels comme aux enfants. «Ces deux implantations sont des signes forts du gouvernement britannique pour reconnaître l'importance économique de cette zone, affirme John Hall, consul et chef de mission du UKTI à Lyon. Grâce à Lyon et Grenoble, le territoire est très innovant et intéresse de plus en plus les entreprises britanniques.» UKTI s'attache à deux notions: "trade" pour favoriser le développement commercial des entreprises britanniques qui exportent, et "investment" pour attirer des capitaux étrangers, donc français, au Royaume-Uni. L'organisme est réparti en trois grands secteurs d'activité: la consommation grand public, l'ingénierie et les nouvelles technologies. La délégation lyonnaise, et son équipe de cinq personnes, s'occupe plus particulièrement des technologies, pour la région Rhône-Alpes mais également pour toute la France. «Sous l'appellation technologie, nous englobons les sciences de la vie, l'environnement, l'informatique et les NTIC. Autant de secteurs où Rhône-Alpes affiche de réelles compétences, notamment dans le domaine de la recherche.»
Lyon est devenue attirante
Selon le chef de mission, Rhône-Alpes compterait 140 entreprises à capitaux britanniques, tous secteurs d'activité confondus. «Rhône-Alpes, et surtout Lyon, sont devenues attirantes pour les entreprises étrangères, concède celui chargé de ramener du business dans son pays. Les collectivités et les infrastructures favorisent le développement des entreprises. Dans un mois, Lyon Saint-Exupéry sera connecté directement à Dubaï, c'est un point positif pour les affaires.» Si la France attire, elle inquiète aussi. «Notre rôle est d'accompagner les entreprises anglaises sur le marché français et de leur démontrer que ce n'est pas si difficile que ça de commercer avec la France, détaille John Hall. Il y a tout d'abord des raisons historiques à ces craintes. La France est perçue comme un pays peu accueillant et peu porté sur le service, même si cela a beaucoup changé. Il y a, de plus, un problème de langue, bien que, là encore, de nombreux efforts soient réalisés.»
Première destination des investissements français
La France est l'un des plus importants partenaires du Royaume-Uni. En 2012, il est le premier excédent bilatéral de la France pour la sixième année consécutive, avec+5,7Md€ d'échanges commerciaux. Le Royaume-Uni est le quatrième client de la France et son septième fournisseur. La France est le quatrième client du Royaume-Uni et son cinquième fournisseur. Malgré les appels de David Cameron pour accueillir les dirigeants français, le Royaume-Uni est déjà la première destination des investissements français à l'étranger avec 1.900 filiales et 665.000 salariés. «L'entreprise drômoise Norbert Dentressangle compte près de 10.000 salariés en Grande-Bretagne», témoigne John Hall. Les échanges sont donc ouverts et recherchés entre les entreprises rhônalpines et le Royaume-Uni.
UK Trade & Investment
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