Plus d’un milliard de produits sortent chaque année de Philaposte, l’imprimerie du timbre du groupe La Poste, située aux portes de Périgueux, à Boulazac-Isle-Manoire (Dordogne). Dans ce site très sécurisé de 27 000 m2, plus de 400 personnes fabriquent des produits philatéliques, des documents administratifs, des chèques, des actes d’état civil, des accusés de réception de courriers recommandés et, depuis quelques jours, des étiquettes de vin pour la filière vitivinicole. Le groupe La Poste, grâce à cette unité de production, adresse désormais un nouveau marché.
Lutter contre la contrefaçon
La commercialisation a débuté le 24 mars. "Ce nouveau marché correspond à notre cœur de métier : l’impression sécurisée à haute valeur ajoutée. Le secteur des vins et des spiritueux a de plus en plus besoin de ce type de produits. Tout comme les documents officiels, les étiquettes peuvent être la cible de faussaires, ouvrant la brèche à des problèmes de sécurité et de traçabilité. Un des enjeux est de lutter contre la contrefaçon", explique Romain de Villechenon, chargé de ce projet de diversification au sein de Philaposte. C’est lui qui a été missionné il y a un peu plus d’un an, pour démarcher la filière viticole. Une manière pour le groupe La Poste (34,6 Md€ de CA) de compenser la baisse de production de timbres engendrée par la diminution du courrier postal tout en maintenant ses savoir-faire.
"Nous sommes persuadés d’avoir un rôle à jouer au sein de cette filière vitivinicole, même si actuellement elle rencontre des difficultés. Ce marché demeure très important dans notre région, avec des entreprises de renom au niveau international", poursuit Romain de Villechenon.
Un procédé quasi infalsifiable
Philaposte allie techniques d’impression traditionnelles et innovations technologiques. Des machines datant de 1963 sont ainsi surmontées de têtes numériques dernier cri. C’est la taille-douce, savoir-faire datant du XVe siècle qui est utilisé pour les étiquettes de vin. Cette technique consiste à reproduire une image sur un bloc de métal, en effectuant des ciselures plus ou moins profondes. "Il permet un rendu inégalé en termes de sécurité et d’esthétisme. Ce travail à la main permet de créer des images uniques, résistantes à l’humidité avec une finesse des détails. Le procédé est quasi infalsifiable", explique Pierre Bara, graveur à Philaposte depuis 16 ans.
Des éléments de sécurité, quasi invisibles à l’œil nu, peuvent y être intégrés : du microtexte, des images latentes ou des encres de sécurité.
Traçabilité et marketing
La Poste a développé une offre de packagings (étiquettes, collerettes) sur-mesure et connectés pour les producteurs et négociants. Un QR Code propose des fonctions de traçabilité et de marketing intégré, développées avec l’Intelligence artificielle conversationnelle d’Ask Mona, entreprise pionnière dans l’utilisation de l’IA. Il permet de collecter des données pour enrichir la connaissance de la clientèle. La traçabilité industrielle et commerciale permet l’identification et le suivi des lots et bouteilles dans les processus de production, mais également sur les marchés et réseaux de distribution.