Président d'AMN DPI, Christian Pierens, croit au potentiel des marchés extérieurs.
L'export, c'est l'essentiel de votre activité commerciale...
En tant que responsable de PME, l'export est, selon moi, plus que jamais une solution pour saisir des opportunités. Une solution qui peut permettre de pérenniser les entreprises. Cependant, même lorsqu'une PME profite d'une bonne rentabilité, dans les périodes difficiles c'est sur la trésorerie que s'accroissent les problèmes. D'un côté nous avons la LME qui tend à réduire les délais pour les PME mais lorsqu'il n'y a plus de marchés en France, on a tendance à aller voir plus loin comme en Chine ou en Inde. Mais dans ces pays, bien sûr, la LME ne s'applique pas et les délais de paiements sont souvent beaucoup plus longs. Ainsi, le paradoxe de cette situation, c'est que les PME qui vont être dynamiques et aller à l'export vont certainement aggraver leur situation financière à cause des délais de paiement.
Quels sont les marchés les plus porteurs à l'export?
Les zones les plus intéressantes aujourd'hui sont l'Inde et la Chine
. Pour un Français, le marché des États-Unis est sinistré. Deux raisons à cela: le rapport monétaire entre le dollar et l'euro qui nous fait perdre 30% et puis la récession du pays qui fait diminuer la consommation. Quant à l'Amérique du Sud, elle reste un continent très coûteux à prospecter.
Quels problèmes rencontrez-vous dans votre secteur d'activité avec la crise? La plasturgie est fortement touchée avec des secteurs en crise comme l'automobile
et le bâtiment, sources d'emploi
des matières premières plastiques importantes. Aujourd'hui dans ma gamme, j'ai deux produits phares, dont l'un à forte valeur ajoutée sur lequel mes employés ont une grande expérience et travaillent sur des machines coûteuses. L'autre produit, un grand consommable, ne demande pas de grandes compétences à mes salariés et se fabrique avec du matériel quatre à cinq fois moins cher. Et c'est sur ce produit que j'ai une forte concurrence alors que j'ai toujours innové. Mais en France, les moyens pour protéger nos innovations sont très faibles. Alors, à force de se faire massacrer par des coûts de main-d'oeuvre étrangère moins élevés, soit je devrais arrêter cette production soit faire fabriquer ailleurs. Si j'avais un conseil a donné aux PME, ce serait celui de jouer à fond la carte de la spécialisation et de trouver une niche à exploiter car même en temps de crise, cela permet souvent de s'en sortir.