L'État au piquet

L'État au piquet

Fin janvier, certains chauffeurs routiers étaient en grève pour réclamer une hausse de salaire de 5 % et un 13e mois. En Aquitaine, des blocages ont été organisés devant l'entreprise Lacassagne, au motif qu'elle est dirigée par le président régional de la FNTR (Fédération nationale des Transports Routiers), Erick Picquenot. Ce représentant patronal, comme ses pairs, était accusé de s'engraisser au détriment de ses salariés. Lui qui déclarait dans nos colonnes en avril dernier : « Ma priorité est de sauver les dernières entreprises régionales encore existantes ». J'ai eu la possibilité d'échanger avec un syndicaliste CGT qui m'a expliqué que « des milliards avaient été versés aux patrons via le CIC (vous aurez corrigé, le CICE), que le conseil régional attribuait des millions aux entreprises de transport (ce qui n'est pas permis par ses règlements) et que la concurrence des pays ibériques et de l'Est devenait insoutenable (ce que regrettent également les chefs d'entreprise du transport routier) ». Mais peut-être est-ce le jeu de toute revendication : crier fort pour obtenir un petit peu. Pourtant, alors que le pavillon tricolore se meurt, est-il responsable d'aggraver sa situation en bloquant les entreprises ? Quel effarement de constater une entrave à la liberté de circulation organisée en présence des forces de l'ordre, impassibles. Alain Vidalies, ministre des Transports, qui connaît parfaitement la situation du transport routier français, a pourtant laissé entendre que les revendications salariales étaient naturelles. Comme il est facile d'être généreux quand il s'agit de l'argent des autres ! @email Twitter :@YannBuanec

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