Les régions ont-elles encore un rôle à jouer?
# Organismes de formation # Conjoncture

Les régions ont-elles encore un rôle à jouer?

Les régions ont depuis longtemps des responsabilités dans le domaine de la formation. En sera-t-il de même demain? Pas sûr si l'on en croit Alain Rousset, président (PS) de l'Association des Régions de France, dans un entretien exclusif au Journal des Entreprises. Il dénonce en effet un «recul de la décentralisation» dans ce domaine.

Q


uels sont le rôle et la part des régions dans le domaine de la formation professionnelle continue?

5,2milliards, soit un peu plus de 20% de leurs dépenses, sont consacrés par les Régions à la formation professionnelle et à l'apprentissage.


Quelles priorités reviennent le plus souvent?

Les régions sont le principal acteur de la politique de formation, en particulier en direction des jeunes et des demandeurs d'emploi. Malgré leurs efforts de mise en cohérence au niveau territorial, notamment à travers une bonne coopération avec Pôle Emploi, les régions déplorent l'émiettement des acteurs, auquel la loi de 2009 n'a en rien remédié. C'est pourquoi, autour de l'ARF, elles revendiquent une clarification qui n'a que trop tardé, avec la mise en place d'un véritable service public de l'orientation et de la formation, dont elles assureraient la responsabilité. Bien évidemment, le rôle des partenaires sociaux serait pleinement maintenu en matière d'assurance-chômage. Avec la nécessité de renforcer les liens directs entre eux et les Régions, sur l'ensemble des problématiques du secteur, ce dont la gestion de la crise, sur divers territoires, a montré toute la pertinence, notamment en termes de sécurisation des parcours professionnels.


Quel est le but des comités régionaux de pilotage prévus par la loi de novembre2009? quels sont les partenaires des régions dans leur mise en oeuvre?

On soulignera que la loi de 2009 a entendu mettre en place une "stratégie nationale coordonnée". Certes, le renforcement du rôle du CNFPTLV va dans le bon sens. Mais, pour le reste, la réforme se traduit par un recul de la décentralisation, puisque l'on passe d'un plan régional, élaboré par la collectivité, à un contrat qui doit être cosigné entre la Région, pourtant investie d'une compétence pleine et entière et les représentants de l'État, préfet et recteur. Dans ces conditions rien n'avance en particulier en matière de dialogue social territorial puisque l'État continue de vouloir intervenir en toutes choses. De ce fait, les comités régionaux ne peuvent véritablement "piloter" comme ils le devraient dans un système fondé sur la responsabilité et non pas des mécanismes bureaucratiques. Mécanismes, sur ces sujets, à peu près uniques en Europe.

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