Les ProMilès, ces pactes pour reconvertir les militaires dans le monde de l’entreprise, se développent en Bretagne
# Industrie # PME

Les ProMilès, ces pactes pour reconvertir les militaires dans le monde de l’entreprise, se développent en Bretagne

S'abonner

Les ProMilès sont des pactes signés entre les entreprises et le monde de la Défense. Ils facilitent la reconversion des anciens militaires. En retour, leurs employeurs bénéficient de collaborateurs qui se réclament de valeurs proches de celles de l’entrepreneuriat. Ce dispositif permet aussi aux entreprises d’être connues du secteur militaire.

17 "ProMilès" ont été signés par des entreprises bretonnes le 26 juin à Rennes. Un dispositif qui facilite la reconversion des anciens militaires dans le monde de l'entreprise — Photo : DR

Le 28 août, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef, la société costarmoricaine Prolann (55 collaborateurs, 9 M€ de CA en 2024), qui évolue dans l’usinage de précision, a signé son "ProMilès", avec 19 autres entreprises françaises. Ce "manifeste", portant sur cinq ans, se présente comme un "acte de soutien des entreprises aux hommes et femmes des armées". Il facilite en effet la reconversion des anciens militaires dans le monde de l’entreprise.

60 pactes signés dans la région

Au niveau de la Bretagne, 60 ProMilès ont été signés depuis leur création en 2022, par le Medef. Dont 17 le 26 juin dernier à Rennes. Une autre séance de signatures collectives est encore prévue à la fin de l’année. "Nous avons surtout des PME et des filiales de grands groupes, adhérents ou pas au Medef, note le lieutenant-colonel Jérôme Sallé, membre de la cellule Rayonnement de l’armée en Bretagne. Nous travaillons actuellement à attirer les ETI, via leurs clubs."

Un engagement évident pour le dirigeant de Prolann, Robert Glémot, qui est le président du Comité de liaison Défense du Medef Bretagne depuis 2023. Ce comité, chargé de promouvoir "l’épaississement de la relation" entre les entreprises et la Défense, regroupe une quinzaine d’entrepreneurs.

"Discipline, organisation, énergie collective : on a beaucoup à apprendre des militaires dans le domaine du management"

"Signer un ProMilès est un acte citoyen, il ne faut pas le faire en attendant quelque chose en retour", prévient le Costarmoricain. Outre ce lien tissé et ce signe fort d’attachement aux valeurs militaires, les entreprises peuvent néanmoins en tirer un bénéfice non négligeable.

Vivier de main-d’œuvre

Si elles s’engagent à adoucir les contraintes en matière de délais pour la pose de congés pour leurs salariés réservistes, les entreprises titulaires d’un ProMilès bénéficient d’un vivier de main-d’œuvre privilégié : à savoir les militaires à la retraite, leurs conjoints mais aussi leurs enfants pour des stages.

"Des valeurs très similaires à celles de l’entreprise"

"Beaucoup d’entreprises souffrent de pénurie de main-d’œuvre. Recevoir les CV des militaires et les recruter, c’est avoir dans ses équipes des personnes avec des valeurs très similaires à celles de l’entreprise", reprend Robert Glémot.

Des réservistes souvent jeunes

Pour le président de Prolann, ces collaborateurs diffusent ces valeurs dans les équipes. "Discipline, organisation, énergie collective : on a beaucoup à apprendre des militaires dans le domaine du management", assure celui qui emploie plusieurs anciens militaires en production.

Quant à la réserve, elle touche souvent des collaborateurs de moins de 30 ans. "La réserve leur permet de prendre de l’épaisseur. Je ne connais pas de patrons déçus par leurs salariés réservistes", reprend le Lannionnais. "Les réservistes acquièrent des facultés de diriger et de manager les rendant encore plus opérationnels en entreprise", confirme le lieutenant-colonel Jérôme Sallé.

Réarmement oblige, les autorités militaires souhaitent que davantage de salariés s’inscrivent dans la réserve. L’objectif est que ses effectifs augmentent de plusieurs milliers d’éléments d’ici 2028 au niveau national.

Des entreprises identifiées

Enfin, "l’entreprise étant identifiée, il est plus facile de faire des affaires avec l’armée, même si nous ne devons pas être dans l’attente", concède Robert Glémot. Un discours relayé par Jérôme Sallé : "Il n’y a pas de porte ouverte sur le marché de la Défense mais on peut informer l’entreprise qu’un appel d’offres a été lancé dans son domaine, par exemple."

Bretagne Côtes-d'Armor # Industrie # Défense # PME # Ressources humaines
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise SRMP STE ROSPEZ MECANI PRECIS