Le 25novembre, lorsque les présidents des CCI se sont exprimés sur la réforme qui leur était proposée, le seul aquitain à l'approuver fut Jean-Alain Mariotti, président de la CCI du Lot-et-Garonne. Il est aujourd'hui rejoint par Laurent Courbu: «Si le texte m'était à nouveau présenté, je voterais oui». Pour le président de la CCI de Bordeaux, «la synthèse a été présentée dans la précipitation. Mais le texte tient la route et demeure un bon compromis». Laurent Courbu attend désormais des précisions sur certains points de la réforme: «Comment faire fonctionner un territoire avec un taux de TATP unique ? Quels effets d'échelle trouver ?» mais il reste persuadé que quel que soit le texte présenté par les CCI, le ministre élaborera «sa» propre réforme. Laurent Courbu considère que le seuil des 10.000 ressortissants pour une CCI est pertinent lorsqu'il y a deux chambres sur un même département». Suivez son regard... vers Libourne et ses 5.300 entreprises.
«Retour à l'esprit jacobin» selon Yves Ratel
Évidemment, Yves Ratel, président de la CCIL, ne l'entend pas de cette oreille. Pour lui, la réforme proposée est mauvaise car elle entraîne «un retour à l'esprit jacobin. Seule la proximité est efficace pour connaître les entrepreneurs de son territoire. Et, ne soyons pas dupes, le pouvoir est caractérisé par un statut social visible. Si les CCI locales deviennent de simples guichets, quel sera notre poids face aux élus ?». Yves Ratel souhaite que les CCI conservent leur autonomie financière et la gestion de leurs moyens humains. Un discours que partage Jean-Marie Berckmans, président de la CRCI (Chambre régionale de commerce et d'industrie) d'Aquitaine et de la CCI de Bayonne. «Les établissements publics seront vidés de leur substance et de toute capacité réelle d'initiative dans la mesure où les ressources et le personnel dépendront de la CCI régionale». Jean-Marie Berckmans se prévaut du soutien de nombreux parlementaires et regrette que les «CCI, ayant perdu toute capacité d'initiative, faute de moyens propres, n'auront plus cette légitimité de nouer des partenariats avec les collectivités locales».
Alors que Jean-Marie Berckmans, président de la CRCI d'Aquitaine et de la CCI de Bayonne, ainsi qu'Yves Ratel, président de la CCI de Libourne, refusent la réforme proposée en l'état, Laurent Courbu, président de la CCI de Bordeaux, y est finalement favorable.