Sarthe
"Les maîtres d’ouvrage publics sarthois ont annoncé 625 millions d’euros de travaux pour 18 mois"
Interview Sarthe # Bâtiment # Économie

Dominique-André Moutiers président de la FFB Sarthe "Les maîtres d’ouvrage publics sarthois ont annoncé 625 millions d’euros de travaux pour 18 mois"

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Lors de la rencontre Les Travaux Sarthois, les maîtres d’ouvrage publics ont présenté leurs projets aux entrepreneurs du bâtiment. Cette initiative contribue à l’activité dans un secteur qui peine à sortir des difficultés. La construction neuve est en chute de -30 %, explique Dominique-André Moutiers, président de la FFB Sarthe, qui plaide pour un Plan Logement en France.

Dominique-André Moutiers, président de la FFB Sarthe, demande la mise en place d’un Plan Logement : "Cela ne vaut-il pas la peine d’investir pour récolter ensuite ?" — Photo : FFB 72

La 3e édition de la rencontre Les Travaux sarthois s’est tenue le 26 septembre. Quelle est la recette de son succès ?

L’objectif de la rencontre est que les maîtres d’ouvrage publics puissent présenter leurs projets de travaux de construction et de rénovation pour les 18 prochains mois. Onze maîtres d’ouvrage étaient présents, et ont annoncé leurs projets d’un montant global de 625 millions d’euros, dont 450 millions vont démarrer dans l’année à venir. Soixante entreprises étaient présentes pour les écouter [la FFB 72 compte 550 adhérents représentant 5 000 salariés, NDLR]. Être ainsi informées leur permet de répondre plus facilement et de garder de la ressource pour ces projets, faire en sorte que leur bureau d’études se tienne prêt à répondre. C’était la 3e édition et nous avons déjà pris date pour fin septembre 2025. Tout le monde y trouve son compte : au fil des éditions, nous sommes passés de 8 à 11 maîtres d’ouvrage et de 50 à 60 entreprises présentes. Le volume d’affaires annoncé a doublé entre 2022 et 2024, parce qu’il y a plus de donneurs d’ordres, et plus de projets.

C’est un point positif dans un contexte morose. Qu’en est-il en Sarthe ?

Effectivement, le bâtiment est en difficulté, avec une baisse de 5 à 6 % de l’activité sur l’année. C’est le domaine de la construction neuve qui souffre le plus, que ce soit pour les maisons individuelles ou le logement collectif en promotion privée. Quant aux locaux commerciaux, il n’y en a plus. La construction neuve est essentiellement le fait des bailleurs publics. La baisse d’activité est de 30 %. La forte chute de la demande s’explique par la hausse des taux, la hausse des coûts du foncier, et la hausse des coûts de construction, suite à l’augmentation des salaires et à celle des matériaux. Pour ces derniers, même si les prix sont redescendus, ils ne sont jamais revenus au niveau d’avant la guerre en Ukraine. Dernier facteur : les normes sont plus nombreuses, donc plus coûteuses.

Qu’en est-il de la rénovation ?

La rénovation se maintient, voire augmente légèrement. C’est elle qui maintient l’activité du bâtiment à flot. La rénovation énergétique participe à cette activité, mais cycliquement. Parce qu’on a connu trois réformes de MaPrimRénov en douze mois. Il faut que l’État reste sur l’aide au mono-geste plutôt qu’à la rénovation globale, parce que pour les faibles revenus, le reste-à-charge est toujours important. Il nous faut surtout un plan simple à trois ans pour permettre de la lisibilité, pour pouvoir programmer des travaux. La stabilité compte autant que les aides. On le voit avec l’isolation des combles perdus. Il n’y a plus les aides, mais on en fait toujours.

"On manque de logements en France, on manque de logements en Sarthe."

Quelles sont vos attentes du nouveau gouvernement ?

Nous avons besoin d’un vrai Plan Logement, pour aider les bailleurs sociaux, les particuliers, les investisseurs privés. On manque de logements en France, on manque de logements en Sarthe. Parce que la population croît, parce qu’il y a de plus en plus de familles monoparentales. Quand un couple se sépare, il faut deux logements. Par ailleurs, la population continue de se concentrer dans les métropoles, il y a besoin de construire.

Mais cela a un prix alors que les caisses de l’État sont dans le rouge…

Oui, mais cela ne vaut-il pas la peine d’investir pour récolter ensuite ? Qui dit construction, dit rentrées fiscales avec la TVA. Qui dit activité, dit rentrées sociales avec les salaires. Ensuite, on entre dans un cercle vertueux.

Sarthe # Bâtiment # Économie # Conjoncture # PME