Dans une annexe d'un ancien corps de ferme situé au fin fond de la campagne nantaise, l'installation à de quoi surprendre. Faite de bric et de broc - on y devine par exemple le mât bricolé d'un chariot élévateur -, la ligne de production s'étend sur une dizaine de mètres. Des bobines de foin y sont tour à tour démêlées, secouées, aspergées de glycérine et d'huiles essentielles, puis remontées. Ce n'est encore qu'un prototype. Pas très esthétique, pas très rapide, ni très compétitif certes. Mais déjà opérationnel. Son inventeur, Laurent Jaunet y a ainsi traité près de 200 tonnes de foin ces trois dernières années.
Boulanger puis concepteur
Laurent Jaunet entame à 57 ans sa troisième vie professionnelle. Ayant démarré comme boulanger à 14 ans dans l'affaire familiale, il s'est ensuite reconverti une vingtaine d'années plus tard dans la mécanique. Chez le fabricant vendéen VMI, il a mis au point et installé pendant vingt ans des machines pour la boulangerie aux quatre coins du monde. Devenu consultant en process industriel tout en délivrant des cours de boulangerie aux particuliers, Laurent Jaunet s'intéresse désormais à l'alimentation des chevaux. Un peu à cause de sa compagne, cavalière et professeur en hippologie, la science du cheval. Pour Laurent Jaunet, le foin dont se nourrissent les équidés provoque des problèmes respiratoires et digestifs. La faute à un champignon. « Cela vient du mode de récolte. Autrefois, on disait que les anciens "enfermaient le soleil" dans le foin, en laissant au fourrage le temps de sécher. Pour des questions de compétitivité, ce n'est plus le cas aujourd'hui et, avec l'humidité, des champignons se développent dans les bottes de foin », assure Laurent Jaunet.
Une dizaine de recrutements
La machine qu'il a inventée doit éliminer ces champignons. « On a constaté que les chevaux qui se nourrissaient avec le foin que nous avions traité étaient en meilleure santé. Cela reste empirique, mais on a quand même validé cela sur 200 chevaux », soutient Laurent Jaunet. D'abord sur ceux de proches, mais aussi sur ceux d'écuries de course comme celles de Jean-Michel Bazire ou d'Aymeric Thomas. Pour Laurent Jaunet, l'heure est désormais à la validation scientifique du procédé - des contacts sont pour cela en cours avec l'école vétérinaire Oniris - ainsi qu'à la mise au point de véritables lignes de production, fixes et mobiles. Désormais appuyé par Atlanpole et Réseau Entreprendre Atlantique, Laurent Jaunet est en train de constituer une société, Les Fourrages du Verger. Il espère présenter ses premières machines dans un peu plus d'un an, ce qui nécessite plusieurs centaines de milliers d'euros de financement. Les Fourrages du Verger se positionneront en tant que concepteur, assembleur et installateur de machines. La production sera sous-traitée. Anticipant une dizaine de recrutements, Laurent Jaunet espère réaliser six millions d'euros de chiffre d'affaires dans cinq ans.
Les Fourrages du Verger
(Saint-Philbert de Grand Lieu) 06 37 44 29 06