Marie Gabrielle Daniel
Directeur commercial entreprises à la Société Générale
Quel est votre bilan de l'année 2011?
Pour la plupart des entreprises, le bilan 2011 sera meilleur que 2010. Cependant, sur le deuxième semestre, on commence à voir s'allumer quelques signaux et on s'attend à une année 2012 plus compliquée. Le premier semestre était de bonne facture avec des investissements structurants, des transmissions, de nouvelles implantations,etc. À ce jour (octobre, NDLR), notre chiffre d'affaires entreprises est en hausse de 7%. Seul bémol, depuis l'été, les chefs d'entreprises sont plus prudents vis-à-vis de leurs investissements, en tout cas dans leur discours.
Des secteurs sont-ils plus en difficultés?
Le bâtiment, clairement. Le contexte n'était déjà pas très bon avec les budgets des collectivités, de gros donneurs d'ordre, en baisse. L'annonce du plan de rigueur avec la fiscalité nouvelle concernant la loi Scellier notamment, ne devrait pas arranger la situation. On voit quelques signes de tension dans l'industrie mais le rythme des investissements est normal. Sauf pour l'industrie porcine, qui souffre. À noter que nous avons, cette année, beaucoup moins de dossiers en médiation à la Banque de France qu'en 2009.
Beaucoup de chefs d'entreprise s'interrogent: les banques vont-elles continuer à prêter?
Il faut être conscient d'une chose: le monde a changé. Auparavant les liquidités paraissaient infinies, ce n'est plus le cas. Il y a deux moyens d'obtenir des liquidités: les dépôts des clients, qui ne suffisent pas, et les achats d'argent sur les marchés. Or, pour des raisons réglementaires, cela devient de plus en plus cher. Les liquidités sont rares aujourd'hui. Les banques sont amenées à faire des choix et freiner le financement de certaines activités très «gourmandes». Cependant, la Société Générale tient à jouer son rôle de financeur de l'économie locale. Ces choix de financements concernent la banque d'investissements, pas la banque de détail. Les particuliers, comme les PME et entreprises locales, ne sont pas touchés par ces décisions. Il n'y a aucune contrainte sur ces prêts. À la Société Générale, comme, je pense, chez nos confrères, il n'y a pas de restrictions à ce niveau-là.
- TROIS QUESTIONS À