Sous la marque Les Rayonneurs, K’Liveo sillonne à nouveau les rues de la ville et de l’agglomération d’Angers avec ses vélos-cargos. D’anciens salariés de l’entreprise ont relancé en Scop son activité après sa liquidation au printemps dernier. La société conserve le nom K’Livéo avec désormais une nouvelle marque associée.
Retour en arrière sur cette aventure : Le 26 février 2025, Hélène Grellier, par ailleurs dirigeante de la société de prestations logistique Logisseo, demandait la protection du Tribunal de commerce d’Angers pour l’entreprise K’Liveo, qu’elle avait lancée fin 2016. Une société spécialisée dans la livraison en triporteurs, vélos et véhicules électriques à Angers et dans l’agglomération pour une clientèle de professionnels.
Malgré un chiffre d’affaires en hausse, l’entreprise se heurtait à des difficultés d’organisation des livraisons pour ses clients, commerçants locaux mais surtout transporteurs à 95 %. Avec pour chacun ou presque un outil de gestion différent, imposant une logistique complexe. La mise en place de hubs mobiles dans la ville pour concentrer en un même point les colis à livrer de différents clients semblait prometteuse pour y remédier, mais la trésorerie de l’entreprise ne permettait pas d’en déployer suffisamment.
Une activité relancée en juin
Dès février 2025, 17 des 26 collaborateurs élaboraient alors un dossier de reprise de la société en Scop, société coopérative et participative. Un projet refusé, quelques jours avant que ne soit prononcée la liquidation de l’entreprise. "Il aurait permis d’assurer une continuité de service pour les clients qui livrent tous les jours, confie Simon Bondu, cogérant avec Shirley Beauducel de la Scop K’Liveo. Mais il a été rejeté et la société a été liquidée trois jours plus tard."
Précisément le 5 avril 2025. Loin d’abandonner leur idée, une partie des anciens salariés mettent alors un nouveau projet sur pied. Ils relancent l’activité, en Scop, le 10 juin suivant. "C’est un métier difficile, avec du turn-over, confie Simon Bondu, et nous avions besoin d’embarquer les gens dans l’aventure. La Scop était selon nous le meilleur moyen pour le faire, pour que les équipes prennent part aux décisions et touchent les fruits de leur engagement si l’exercice est bon."
Aller vers une diversification
Cette Scop est donc constituée des 8 collaborateurs qui ont porté le projet, tous désormais salariés de l’entreprise, et de deux autres membres extérieurs : une ancienne de l’équipe et Adrien Claude, coordinateur de CoopCycle, la fédération européenne des coopératives de coursiers à vélo.
" Nous avons racheté le nom K’Livéo et sommes allés en vente aux enchères pour acquérir le matériel, poursuit Simon Bondu, soit 2 camions dont un électrique et 14 vélos. Actuellement, nous en utilisons 7." Rapidement, l’équipe, qui s’est installée dans un bâtiment du Min d’Angers, le marché d’intérêt national, a repris l’activité, avec deux des huit importants donneurs d’ordres que comptait K’Liveo avant sa liquidation.
Proposer à l’avenir des services aux collectivités
"Ces gros clients sont importants pour faire du volume, explique Simon Bondu. À côté, nous voulons développer le réseau de commerçants locaux. La diversification de l’activité est notre premier enjeu. Nous avons par exemple décroché la distribution du bulletin municipal d’une commune de l’agglomération. C’est quelque chose que nous pourrions développer ailleurs et nous voulons aussi proposer des services aux collectivités."
De premiers résultats encourageants
Pour son premier exercice, les salariés de K’Livéo tablent sur un chiffre d’affaires de 400 000 euros. En 2023-2024, l’activité avait permis de générer un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros. Depuis la relance de l’activité, la Scop dit enregistrer de bons résultats, avec par exemple un mois de septembre au-dessus des attentes. "On est dans le vert, assure Simon Bondu, et nous avions même un peu surestimé notre fonds de roulement. Nous allons réfléchir à un éventuel recrutement et essayer de dégager un budget pour notre communication."
La Scop prévoit également de se renforcer ponctuellement en vue d’un pic d’activité attendu pour les fêtes de fin d’année.
Améliorer la qualité de l’air
Le vert, c’est d’ailleurs la couleur qui motive l’équipe, animée d’une démarche militante pour améliorer la qualité de l’air dans la ville : "On fait un truc d’intérêt général, assure Simon Bondu, en proposant une alternative, complémentaire aux transports actuels avec des retombées qui bénéficient à tout le monde." Un engagement que la jeune entreprise veut prochainement formaliser, en se fixant des orientations stratégiques pour les années à venir. "Pour savoir où nous voulons aller, souligne Simon Bondu, et ne pas nous détourner de nos objectifs."