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L’école de production May’Usinage renouvelle sa direction et cherche à pérenniser ses financements
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L’école de production May’Usinage renouvelle sa direction et cherche à pérenniser ses financements

Ouverte en septembre 2023, l’école de production de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie tourne une page. La directrice qui aura posé les fondations s’en va. Les enjeux restent les mêmes, notamment assurer la pérennité du budget de fonctionnement.

Mégane Grassin est la nouvelle directrice de l’école de production May’Usinage. Elle remplace Anne-Sophie Roux (derrière elle), qui avait initié le projet d’école de l’UIMM Mayenne — Photo : Frédéric Gérard

Depuis le 18 novembre, Mégane Grassin est la nouvelle directrice de May’Usinage. La jeune femme de 28 ans succède à Anne-Sophie Roux, qui a participé à la création et au lancement de l’école de l’UIMM Mayenne, à la rentrée 2023. Cette école de production forme des jeunes au CAP de conduite d’installation orienté usinage. C’est un premier pas vers des métiers de l’industrie qui peine à recruter. Dans les deux promotions confondues, quinze garçons âgés de quinze à dix-huit ans suivent un parcours orienté métiers après une scolarité en décrochage. Une seule fille s’y est pour l’instant inscrite, "elle a abandonné au bout de deux mois pour se réorienter". Les formateurs, issus d’un parcours professionnel en entreprise, sont également des hommes. L’UIMM espère donc que la direction assurée par une femme va inciter davantage de jeunes filles à venir se lancer dans sa formation à l’usinage de pièces métalliques.

Allier besoins des jeunes et des entreprises

Mégane Grassin a une expérience dans les RH chez des industriels lavallois, en l’occurrence Thalès et le groupe AIM. Elle a donc une connaissance du tissu économique local. Sa mission sera de poursuivre le projet conduit depuis deux ans par Anne-Sophie Roux : "allier les besoins des étudiants aux besoins des entreprises locales, former les jeunes à une diversité de produits et aux exigences des entreprises, leur faire comprendre qu’ils appartiennent à une chaîne de valeur". L’aspect formation n’est pas l’unique enjeu.

Augmenter les commandes

La directrice sur le départ, qui assure le tuilage à la direction pendant dix jours, sait qu’il faudra encore "chercher des financements et des commandes de clients et se faire connaître dans le paysage local". "Actuellement, seules six entreprises mayennaises font appel à nous comme à des sous-traitants", précise-t-elle. Ces clients savent qu’ils doivent être compréhensifs sur les délais de réalisation et de livraison des pièces demandées, ainsi que sur la qualité des pièces, qui n’est pas encore homogène, glisse un formateur.

Assurer la pérennité du budget

Ces commandes assurent une partie du budget de fonctionnement de l’école de production. Celui-ci s’élève à 300 000 euros à l’année. Président de l’UIMM Mayenne et de May’Usinage, Bruno Rigouin souhaiterait déjà augmenter les effectifs de jeunes formés, "à dix ou douze par promotion", pour augmenter les ressources. Une visite en mars prochain conditionnera aussi la rentabilité de l’école. "Une commission de l’enseignement viendra pour valider notre CAP", indique Bruno Rigouin. Ce qui implique des financements, ou pas.

"C’est le paradoxe, poursuit Bruno Rigouin. L’État nous a accompagnés, en subventionnant en partie l’achat de machines. Mais ce n’est pas le même circuit dans l’État, au niveau de l’Éducation nationale, pour valider notre formation, et donc, assurer une partie de nos financements…" En deux ans, May’Usinage s’est constitué un parc machines d’une valeur de 600 000 euros. Les derniers achats cette année ont porté sur une tour trois axes avec embarreur et sur deux centres d’usinage cinq axes.

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