Moins d’un an après avoir racheté l’activité de conditionnement à façon du groupe alsacien Filpack (350 collaborateurs, CA : 165 M€), représentant environ 5 millions d’euros de revenus, le vosgien Gestra ouvre son capital à deux fonds locaux. Capital Grand Est, à travers son fonds ReBest et le Groupe ILP apportent ainsi 1,85 million d’euros de fonds propres au spécialiste de la logistique et du conditionnement à façon installé à Raon-l’Étape.
Une opération qui n’est "pas qu’un accord financier"
"Je reste majoritaire au capital", tient à préciser Christophe Jacquot, dirigeant et propriétaire de l’entreprise vosgienne depuis 2027, qui réalise aujourd’hui 15 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 350 personnes, dont 70 sont en insertion.
"J’ai choisi deux fonds locaux notamment pour leur vision humaine du développement de l’entreprise. Pour eux comme pour moi, cette opération n’est pas qu’un accord financier", précise le dirigeant de Gestra.
L’ouverture du capital, la solution pour accélérer
L’idée de cette levée de fonds a germé dans l’esprit du dirigeant après 28 mois passés à cogiter sur les bancs d’un accélérateur porté par Bpifrance. Cette session de formation a permis à Christophe Jacquot de partager des interrogations avec ses homologues dirigeants d’entreprises : "Comment financer mon besoin en fonds de roulement ? Comment conserver une belle rentabilité et comment accélérer sur le marché ? Le tout sans être tributaire des banques ?", pose Christophe Jacquot.
Pour le dirigeant de Gestra, la résolution de cette équation est passée par l’ouverture du capital de l’entreprise. Une étape nécessaire sur le chemin qui doit emmener le groupe vers les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les 4 à 5 années qui viennent, essentiellement grâce à de la croissance organique.
Des industriels qui se recentrent sur leur "cœur de métier"
"Il y a de la croissance sur nos marchés", assure Christophe Jacquot, en décrivant un mouvement chez ses clients visant à se "recentrer sur le cœur de métier", notamment chez les industriels. "Aujourd’hui, nous sommes véritablement un atelier déporté de nos clients, chargé du conditionnement des produits ou encore du remplissage. De plus, nos outils numériques permettent de garder un lien étroit entre la production et le conditionnement, même s’il est déporté", décrit le dirigeant de Gestra.
24 000 m2 d’entrepôts sur trois sites
Exploitant un total de 24 000 m2 d’entrepôts, répartis sur trois sites de production en Alsace, dans les Vosges et en Moselle, Christophe Jacquot veut proposer toujours plus de prestations à ses 160 clients. "Nous pouvons par exemple prendre en charge le transport, gérer les tâches liées au conditionnement de A à Z. C’est comme cela que nous dégagerons plus de valeur ajoutée", fixe le dirigeant, qui n’exclut pas de mener de nouvelles opérations de croissance externe.
Du Sillon lorrain à l’Alsace
L’acquisition en 2024 de l’entrepôt de Wihr-au-Val, en Alsace, a ainsi permis au groupe vosgien de ramener "80 % de clients alsaciens", tandis que les entrepôts lorrains sont concentrés sur le Sillon lorrain, avec à la marge, des clients parisiens. "Nous avons aussi des clients en Allemagne, mais les coûts du transport nous empêchent d’aller chercher des clients trop loin", décrit Christophe Jacquot, qui revendique cependant une place de premier acteur du conditionnement à façon dans le Grand Est.