Le constat est simple : notre système de retraite par répartition, basé sur la solidarité entre actifs et retraités, se fragilise. Moins d’enfants, plus de retraités, moins d’actifs : l’équilibre se détériore inexorablement. Face à cela, la capitalisation prend une place croissante dans la préparation de l’avenir. C’est précisément l’ambition du PER (Plan Épargne Retraite), conçu pour simplifier et moderniser l’épargne retraite, mis en place par la loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) du 22 mai 2019.
Épargne dynamisée puis sécurisée
En six ans, il a remplacé une multitude de dispositifs jugés opaques et peu attractifs. Unique et portable, il suit le salarié tout au long de sa carrière et peut être alimenté de diverses manières : versements volontaires, épargne salariale (participation, intéressement, congés monétisés), ou contributions de l’entreprise. Grâce à la gestion pilotée instaurée par la loi Pacte, l’épargne est dynamisée en début de parcours puis progressivement sécurisée à l’approche de la retraite.
Un double intérêt
Pour les entreprises, l’intérêt est double : proposer un avantage social fort, sans nécessairement engager un budget important, et renforcer leur attractivité. Le PER peut être mis en place même sans abondement patronal, en offrant aux collaborateurs un outil clair et efficace pour transformer leur épargne en revenus futurs. Pour les salariés, c’est la possibilité d’améliorer leur niveau de vie à la retraite, d’optimiser leur fiscalité et d’éviter la dispersion de contrats dormants.
Effort de pédagogie
Mais un frein demeure : la complexité perçue. Plus de 60 % des Français se disent inquiets et mal accompagnés sur ce sujet, et beaucoup ignorent encore les dispositifs dont ils bénéficient. Les DRH sont donc en première ligne pour jouer les pédagogues, traduire la technique en solutions concrètes et mettre en valeur ce levier de rémunération différée.
Un outil gagnant-gagnant
À ce jour, seul un tiers des Français actifs bénéficie d’un PER individuel ou d’entreprise. Et seules 26 % des entreprises cotisent sur un PER. Pourtant, il s’agit d’un outil gagnant-gagnant : il sécurise l’avenir des salariés tout en offrant aux entreprises un moyen de fidéliser et de valoriser leurs équipes. Le défi est désormais de combler le déficit d’information et d’oser franchir le pas. Car préparer la retraite, ce n’est pas une affaire lointaine : c’est une stratégie à initier dès maintenant.