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Le troyen Ellipse Bikes s’engage pour donner une seconde vie aux vélos Angell
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Le troyen Ellipse Bikes s’engage pour donner une seconde vie aux vélos Angell

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Dans l’Aube, les équipes d’Ellipse Bikes s’activent pour donner une seconde vie aux vélos de la start-up Angell, qui a récemment annoncé la fin de son activité. À l’origine d’un appel à la mobilisation générale à destination de l’industrie du vélo et au-delà, l’entreprise troyenne veut organiser un ramassage des vélos Angell, pour les revaloriser et éviter un "gâchis économique et écologique".

La start-up Ellipse Bikes a été fondée par trois ingénieurs en 2020 — Photo : Ellipse Bikes

En novembre 2024, la start-up parisienne du vélo électrique Angell lançait une opération de rappel d’une partie de ses vélos, suite à la détection de cas isolés de casse du cadre. Sur les 7 000 vélos produits par l’entreprise, 5 000 étaient concernés. Deux mois plus tard, l’entreprise a annoncé la fin de son activité, dans l’incapacité de rembourser ses clients et ses créanciers.

Face à cette chute, la start-up troyenne Ellipse Bikes (15 salariés), qui commercialise plusieurs modèles de vélos, a réagi en lançant un appel à la mobilisation, dans l’industrie du vélo et au-delà, dans l’objectif de donner une seconde vie aux vélos Angell. "Cette marque incarnait des valeurs que nous partageons chez Ellipse : proposer un vélo plus sécurisé, moderne, tout en valorisant le savoir-faire local", explique l’entreprise dans un communiqué. "On s’est dit que ça allait être un énorme gâchis économique et écologique, et qu’il fallait envoyer un message fort et positif en appelant à réagir", poursuit Florian Prieur, cofondateur de l’entreprise. En appelant à la mobilisation, Ellipse Bikes espère ainsi donner une seconde vie aux vélos d’Angell.

Un ramassage sans frais des vélos

Concrètement, Ellipse Bikes souhaite mettre en place un ramassage gratuit des vélos d’Angell au domicile des clients. "Nous souhaitons éviter que les clients d’Angell perdent confiance et rebasculent vers d’autres mobilités", lance Florian Prieur. Dans cet objectif, l’entreprise propose donc une reprise de tout vélo Angell à hauteur de 500 € pour l’achat d’un vélo électrique Ellipse. "Nous appelons également toutes les marques à se mobiliser pour soutenir ces cyclistes", encourage la start-up.

L’objectif est de désassembler les vélos, pour en récupérer les composants et les réemployer. "Nous pourrons aller plus loin en allant vers de l’assemblage de nouveaux vélos de seconde main", prévoit Florian Prieur. Deuxièmement, Ellipse Bikes espère pouvoir faire du SAV. "Il reste près de 2 000 vélos Angell qui ne sont pas concernés par l’opération de rappel. Ils pourraient être menacés : il faut qu’on assure une banque de pièces pour ces vélos", appuie le cofondateur.

De nombreux partenaires

Si Ellipse Bikes est l’initiateur du projet, la start-up ne s’impliquera pas forcément dans la partie opérationnelle. De nombreux partenaires ont répondu à l’appel à la mobilisation de l’entreprise. "Nous sommes en discussion avec trois sites industriels", annonce Florian Prieur. L’objectif est de centraliser les vélos Angell sur un ou plusieurs de ces sites. En parallèle, une demi-douzaine d’entreprises collaborent au projet. Quant à la partie ramassage des vélos, "nous sommes en train de recenser les demandes pour savoir où elles sont et s’organiser localement", cible Florian Prieur.

Parmi les entreprises engagées dans le projet, la start-up VoltR, dans les Pays de la Loire, sera chargée d’étudier la faisabilité technique de la revalorisation des cellules de batterie des vélos. Plus encore, des concertations sont en cours avec Parco Cycles, Cycles Services Loire et F2J Industry. "L’ensemble des compétences et des capacités techniques sont réunies afin de mener à bien les opérations", résume l’entreprise.

Contactée par Ellipse Bikes, l’équipe d’Angell a quant à elle réagi en ces termes : "Nos consommateurs restent libres de leurs choix et, bien entendu, ne nous appartiennent pas. Bien que nous ne soyons pas opposés à l’idée d’une proposition tierce venant de l’extérieur, il convient de préciser qu’Angell n’a pas de rôle à jouer dans une telle démarche, qu’il s’agisse d’Ellipse ou d’un autre acteur".

Lancement de l’opération en février

"Nous sommes prêts à nous mettre en ordre de marche", annonce Florian Prieur. Dès début février, une première phase de collecte sera lancée pour récupérer une petite série vélos. "L’objectif est de commencer à mettre les mains dans le cambouis et à définir ce que l’on pourra faire", cible le cofondateur. À plus long terme, une seconde phase de collecte, plus large, devrait être lancée. "Plus qu’une action isolée, c’est une opportunité pour l’industrie du vélo de devenir un modèle inspirant pour d’autres secteurs et de sensibiliser à l’importance du recyclage et de la durabilité", vise Ellipse Bikes.

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