Comme au niveau national, l’année économique 2024 du Grand Est peut se résumer en un mot : contrastée. Jeudi 26 juin, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a organisé conjointement avec la Banque de France et plusieurs organismes de l’État (la Dreal, la Dreets, la Draaf…) un bilan économique de l’année 2024 de la région.
Hausse de 137 % sur les créations de microentreprises
Dans cette photographie globale du Grand Est, la démographie des entreprises du territoire permet de se rendre compte de la situation contrastée. Selon les données présentées par Achour Rezzik, analyste de l’Insee, la création d’entreprises a dépassé un record en 2024 : "Au total, 67 000 nouvelles immatriculations ont été recensées. C’est un record absolu sur les 25 dernières années et cela représente une hausse de 6,5 % par rapport à 2023", s’enthousiasme-t-il.
Ce chiffre est en grande partie lié à la reprise du rythme de création des microentreprises, qui représentent près de deux tiers des créations d’entreprises en 2024 dans la région. "Au total, entre 2018 et 2024, nous sommes passés de 19 000 à 45 000 créations de microentreprise chaque année, soit une hausse de 137 %. C’est édifiant", commente-t-il.
Des disparités par départements et par secteurs
Mais derrière ces chiffres se cachent des disparités aussi bien au niveau départemental que sectoriel. En effet, si la création d’entreprises est en hausse au niveau régional, elle a baissé dans le département de l’Aude de 2,6 %. Le département porteur de la création d’entreprise est le Bas-Rhin avec plus de 10 % d’augmentation par rapport à l’année 2023.
Pour l’aspect sectoriel, la création d’entreprises a reculé de plus de 5 % dans la construction, secteur qui traverse une longue crise depuis maintenant deux ans, alors que dans le secteur du commerce, du transport et de l’hébergement-restauration, le nombre de créations d’entreprises a augmenté de 15 %.
Les défaillances d’entreprises en forte augmentation
Autre face de la démographie des entreprises, les défaillances ont-elles aussi augmenté en 2024. "Une hausse de 7,4 % par rapport à 2023, soit 4 350 procédures de redressement ou de liquidation judiciaire ouvertes", précise l’analyste de l’Insee. Le nombre de défaillances d’entreprises se rapproche du plus haut niveau de ces 25 dernières années, atteint en 2016 avec 4 900 défaillances d’entreprises sur l’année. Achour Rezzik note tout de même un point plus positif : "Cette augmentation est faible comparée au niveau national, où l’on atteint une hausse de 17 % des défaillances sur le territoire français, hors Mayotte".
Comme les créations, l’augmentation des défaillances d’entreprises concerne certains départements en particulier : la Meurthe-et-Moselle, (+ 34 %) et les Vosges (+ 40 %). Et près du quart des défaillances d’entreprises sont localisés dans le Bas-Rhin en 2024.
"Nous sommes dans une situation de marasme économique"
Au final, il y a eu moins de création d’entreprises que de défaillances en 2024 dans le Grand Est. "Le mouvement se poursuit sur la première moitié de 2025. Nous sommes dans une situation de marasme économique", conclut Achour Rezzik.