Gigalis, qui compte aujourd’hui 14 salariés permanents pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 9 millions d’euros en 2024, travaillait jusqu’alors en tant que syndicat mixte ouvert. À la rentrée 2025, la structure opérera en tant que groupement d’intérêt public (GIP). "Ce statut nous coupe de certaines subventions que nous pouvions avoir, notamment de la Région. Mais ces dernières ne représentaient que 3 % de notre chiffre d’affaires. Le reste est issu de nos activités", soulève Jean-Pierre Sabio, directeur général de Gigalis.
Un groupement d’intérêt public avec plus de liberté
Parmi ses clients, Gigalis compte des collectivités territoriales, des métropoles comme Nantes ou Angers, ou encore des institutions comme la CCI locale ou le port de Nantes Saint-Nazaire. Ce nouveau statut de GIP va offrir une plus grande autonomie d’action à Gigalis. "Auparavant avec le syndicat, nous opérions un transfert de compétences, et prenions alors en charge par exemple toute la cybersécurité de leur parc informatique, ce qui peut être lourd", analyse Jean-Pierre Sabio. Avec le GIP, Gigalis entre dans une logique de prestations de services plus classiques, avec des prestations davantage à la carte. "Le processus est plus léger, plus souple juridiquement, et réversible. Cela devrait nous permettre d’attirer de nouveaux adhérents, comme les centres hospitaliers, ou les universités", note Jean-Pierre Sabio. Car sous le statut de GIP, comme sous le statut de syndicat mixte, les adhérents sont les clients.
De plus, les collectivités peuvent maintenant solliciter les services de Gigalis sans passer par l’ouverture d’un marché public et donc sans mise en concurrence, ce qui simplifie également les démarches. Gigalis, qui compte à l’heure actuelle une trentaine d’adhérents, vise dès 2025 une dizaine de clients supplémentaires.
Densifier les relations en Pays de la Loire
Gigalis opère dans quatre secteurs. Le canal historique de la connectivité, avec l’installation de réseaux télécoms et de fibres haut débit. Elle s’illustre dans le cloud, avec des serveurs dont Gigalis est propriétaire. Ce futur GIP possède également une plateforme de gestion des risques en cybersécurité, ainsi qu’une centrale d’achat pour fournir ses adhérents en matériels informatiques. "Nous sommes le seul acteur à cumuler ces quatre verticales en France", soulève Jean-Pierre Sabio. "L’intérêt de ce cumul est d’avoir une convergence des offres pour que les données soient hébergées, sécurisées, et transportées par Gigalis", ajoute-t-il. Pour autant, Gigalis se projette peu encore dans les régions voisines. "L’objectif sera d’abord de densifier nos relations avec les acteurs des Pays de la Loire", note le directeur général.
Le recours à l’expertise d’entreprises privées
Gigalis a déjà passé des appels d’offres afin de se rapprocher d’acteurs privés pour nouer des partenariats. Gigalis s’est déjà attaché les services de l’entreprise Koesio. "L’idée est de renforcer nos offres, notamment autour de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité", note Jean-Pierre Sabio. Gigalis servira alors de passerelle entre ces entreprises privées et les collectivités. "S’il faut par exemple reconstruire une structure informatique après une cyberattaque, nous ferons appel à un prestataire".