Pour Jean Williamson, cofondateur et directeur général de la start-up Vaultys, "le mot de passe et les identifiants, en matière de cybersécurité, c’est terminé. Cela ne suffit plus face aux piratages d’aujourd’hui".
Un tour de table réunissant Alsace Business Angels et Bpifrance
Installé au sein du Paddock Academy à Haguenau, dans le Bas-Rhin, le directeur général de la start-up spécialisée en cybersécurité, à la tête d’une équipe de cinq salariés, revient sur la première levée de fonds de la jeune pousse créée en 2022 : "Nous avons réalisé une levée de fonds de 600 000 € auprès d’Alsace Business Angels, d’investisseurs particuliers et de Bpifrance", détaille le dirigeant.
La répartition des montants d’investissements entre les différentes parties prenantes n’est pas connue. Avec cette opération, deux nouvelles personnes entrent au comité stratégique de la start-up : Virginie Athias, en tant que représentante des investisseurs d’Alsace Business Angels et Marie-Hélène Fagard, pour représenter les investisseurs particuliers.
Une levée de fonds pour le développement commercial
Avec ces 600 000 €, Vaultys souhaite assurer le développement commercial de sa solution pionnière en cryptographie. "Nous avons pu embaucher un business developper pour assurer cette mission. Nous allons continuer à travailler sur la diffusion de l’identité numérique souveraine dans le monde de l’entreprise", précise Jean Williamson. Les solutions de cybersécurité par cryptographie décentralisée sont encore marginales dans le monde de l’entreprise, mais le co-fondateur de Vaultys estime que ces dernières n’ont pas encore saisi la pleine importance du sujet : "Aujourd’hui, les systèmes de sécurité numérique des entreprises sont centralisés dans la grande majorité des cas. C’est une véritable aubaine pour les pirates informatiques. Avec un seul accès, ils peuvent arriver à récupérer une quantité gigantesque de données. La perte de confiance dans l’entreprise suite à une telle attaque a un impact en moyenne pendant deux ans, et peut aller jusqu’à entraîner la fermeture de l’entreprise".
Un partenariat avec l’institut CEA-List
Pour approfondir leur solution et développer des nouveautés dans le domaine de la cybersécurité, la start-up a signé un partenariat avec l’institut du Commissariat à l’énergie atomique dédié aux systèmes numériques, le CEA-List, basé à Paris-Saclay et Grenoble. "L’idée du partenariat est d’arriver à développer des environnements de cryptographies décentralisés qui s’appliquent à des cas concrets. On est presque dans de la recherche fondamentale, mais on cherche avant tout à répondre aux besoins des industriels qui possèdent des données sensibles comme les assurances, les banques et d’autres secteurs", résume Jean Williamson. Dans le cadre de ce partenariat, la start-up alsacienne et le CEA-List devraient aboutir à la création d’un laboratoire commun en 2027.
En parallèle, la start-up continue d’étoffer sa solution de cybersécurité : "Début 2026, nous allons ajouter un donjon dans notre château fort de cybersécurité : la Vaultys box. C’est un environnement ultra-sécurisé qui permet de stocker les données les plus sensibles de l’entreprise et d’accéder à une cellule de crise virtuelle en cas d’attaque, grâce à un chat ou des visioconférences sécurisées", anticipe le directeur général.