Le smartphone : «Un marqueur identitaire»
# Numérique # Conjoncture

Le smartphone : «Un marqueur identitaire»

Catherine Lejealle,

sociologue et professeur à l'ESG Management school

— Photo : CC0

Quelle évolution marque l'arrivée du smartphone?

Il marque une vraie rupture par rapport aux téléphones précédents souvent considérés comme un "fil à la patte". Le smartphone ajoute aux dimensions utilitaires, relationnelles et ludiques une dimension supplémentaire, celle de marqueur identitaire. Il est aussi constitutif de chacun que sa marque de vêtements. Savez-vous que 9% des gens le caressent et que 3% lui donnent un petit nom?

Quelle est la "face sombre" du smartphone?

Sans hésiter, la fragmentation de l'activité. Tous les trois à cinq minutes au travail, il y a une interruption. Il faut "zapper" en permanence et savoir passer d'un dossier à l'autre. On ne peut plus travailler en immersion. À long terme, il y a surcharge cognitive et petit burn out avec le sentiment que l'urgence est généralisée, il n'y a plus de priorité.

De quoi sera fait demain?

Je pense qu'on va encore beaucoup évoluer, notamment dans le sens du télétravail qui fait l'objet d'un projet de loi. Le télétravail ne pèse que 9% en France. Cela tient au fait qu'aux États-Unis, par exemple, l'organisation du temps de travail est beaucoup plus individuelle. Ils ont une vraie flexibilité, une vraie autonomie. En France, il y a encore des rituels très importants, la pause-café, le repas du midi avec les collègues ou la "réunionite"

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