Le Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) couvrant la zone industrielle du Havre, réputé le plus important de l'Hexagone, a été signé par les autorités préfectorales en octobre dernier. Un plan qui fait écho au « bon sens collectif », estime Olivier Clavaud, dirigeant du site Chevron de Gonfreville l'Orcher et président de l'association E-Secuzip-LH. Une association nouvellement créée qui ambitionne de fédérer les entreprises de la zone, industrielles ou non, pour mieux informer et responsabiliser chacun face au risque industriel.
Les difficultés s'additionnent
Selon qu'on soit une PME ou un grand industriel, « les difficultés ne se comparent pas, elles s'additionnent », explique le dirigeant. Les industriels ont, certes, une plus grande conscience de ces enjeux, mais la complexité de leur gestion est en général proportionnelle à la taille des dites entreprises. Quant aux PME, « elles doivent digérer les informations en même temps qu'elles sont confrontées à une multitude d'acteurs ». Historiquement, E-Secuzip-LH, est une émanation de la Commission Risques Industriels qui regroupe depuis une quinzaine d'années les quelque 300 entreprises de la zone (pour près de 30 000 emplois), « dont 17 sites Seveso seuil haut », rappelle Olivier Clavaud. « Dans le cadre de l'élaboration du PPRT, nous avons souhaité mettre en place une structure de gouvernance ». L'élaboration, elle, s'est faite avec les industriels, les associations de riverains, les collectivités locales, la Dreal et le port du Havre. Un travail de deux ans dans lequel les entreprises de la zone se sont investies « pour éviter le piège d'une montagne de prescriptions trop indigeste ! »
Limiter l'empreinte du PPRT
« La première phase a consisté à travailler sur la réduction des risques à la source de manière à limiter au maximum l'empreinte du PPRT », justifie Olivier Clavaud. Dans les grandes lignes, le document contient un volet concernant « le public » qui prévoit une enveloppe de 3 millions d'euros destinée au renforcement du bâti dans des zones où il existe un risque particulier, « comme le bris de vitre », explique l'industriel. Une enveloppe relativement modeste, « qui montre que le travail de réduction des risques réalisé en amont a été bien fait ». Le second volet concerne plus directement l'activité économique sur la zone et sur la transmission de l'information en cas d'accident. « Nous devons mieux mailler le réseau d'alerte, mieux éduquer sur les réactions en cas de situation d'urgence ou encore mieux identifier les zones de confinement ». L'association E-Secuzip-LH organisait d'ailleurs dans les locaux de la CCI de l'Estuaire au Havre le 24 novembre dernier, où elle est hébergée, une première réunion d'information sur le sujet.