Saint-Nazaire
Le producteur de voiles CWS lève 12 millions d’euros après une première commande
Saint-Nazaire # Maritime # Start-up

Le producteur de voiles CWS lève 12 millions d’euros après une première commande

S'abonner

Basé à Paris et Saint-Nazaire, le producteur de voiles CWS a été choisi pour équiper le futur cargo de la compagnie Windcoop. Il vient de lever 12 millions d’euros pour mettre en place ses capacités de production, et devenir pleinement opérationnel.

Windcoop est le premier armateur à construire un navire avec les ailes CWS — Photo : Windcoop

Le vent souffle dans la bonne direction à Saint-Nazaire. Du moins pour la société parisienne Computed Wing Sail (CWS), venue s’installer à l’été 2024 au pied du pont de la ville industrielle. La start-up, qui développe des voiles rigides pour les cargos, a trouvé un premier armateur, le breton Windcoop, prêt à installer ses ailes sur son navire. Forte de cet engagement, l’entreprise vient de lever 12 millions d’euros, dont 6 millions d’euros en capital auprès de Supernova Invest et de deux fonds estampillés Bpifrance : le fonds de décarbonation de la filière maritime et le fonds SPI. Le reste de la levée de fonds provient d’obligations convertibles (prêt).

Cap sur la production

Cette somme va permettre à CWS de mettre en place ses capacités de production. "Nous sommes actuellement quarante salariés, dont les deux tiers à Paris, et un tiers au sein de notre usine de production à Saint-Nazaire. L’objectif est de compter 60 personnes fin 2026, réparties à 50/50 entre les deux sites", lance Bruno Toubiana, cofondateur de l’entreprise. À l’issue de cette opération, ce dernier enfile la casquette de directeur financier, et laisse sa place de dirigeant à Laurent Schneider-Maunoury. Passé par plusieurs groupes industriels (Safran, Daher), Laurent Schneider-Maunoury occupait depuis 2017 la présidence de Naval énergies, entreprise française spécialisée dans les énergies marines renouvelables.

Une aile asymétrique qui vire de bord

Cette levée de fonds intervient dans un contexte d’industrialisation complexe pour les technologies véliques, où les commandes des armateurs sont globalement moins nombreuses qu’espérées. Et ce n’est pas le récent positionnement de l’OMI, qui a repoussé d’un an son texte visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre, qui a redonné une vigueur à la filière. "Nous arrivons sur le marché après d’autres technologies, mais nous sommes les seuls à avoir une aile asymétrique optimisée pour toutes les directions de vent", ajoute Bruno Toubiana. CWS possède en effet un brevet sur son système de pliage qui permet de retourner son aile, et ainsi de virer de bord efficacement.

Une première commande salutaire

L’argument a convaincu Windcoop pour son premier navire, dont la mise à l’eau est prévue en 2027 et qui possédera trois ailes de 350 m². "Cette première commande était essentielle. Pour des investissements sur un produit complexe, les fonds demandent qu’un premier système en conditions réelles soit vendu", détaille Bruno Toubiana. S’il est difficile d’avancer une efficacité générale de son dispositif, car cela dépend du nombre d’ailes et de la taille du cargo, CWS ambitionne d’atteindre une réduction de carburants de plus de 50 % pour ce premier navire de 91 mètres.

Accélération du développement commercial

Si elle peut déjà compter sur un premier armateur engagé, la start-up industrielle compte aussi profiter de cette levée de fonds pour accélérer son développement commercial. CWS installera d’ailleurs un premier démonstrateur à taille réelle à Montoir-de-Bretagne début 2026 pour avoir plus de données d’efficacité à montrer aux potentiels clients.

Elle représentera surtout la deuxième voile géante, avec celle du SolidSail des Chantiers de l’Atlantique, qui flotte dans le ciel nazairien.

Saint-Nazaire # Maritime # Start-up # Capital # Levée de fonds
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise CWS MOREL