Philippe Carli, qui dirigeait jusqu’alors neuf titres de presse locaux dans l’Est de la France a annoncé démissionner. Dans un mea culpa publié sur les réseaux sociaux, l’homme conclut : "je serai désormais plus vigilant dans mon expression publique". Le patron du groupe de presse Ebra (CA 2022 : 500 M€ ; 3 500 collaborateurs) a été poussé à la démission pour permettre aux "rédactions du groupe Ebra de retrouver leur sérénité", indique dans un communiqué, l’actionnaire unique du groupe Ebra, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
Des "likes" en forme de soutien
Accusé d’avoir liké des publications de personnalités d’extrême droite française, le dirigeant s’est enfermé dans une stratégie de défense maladroite, indiquant d’abord que son compte Linkedin était géré par une autre personne, avant de reconnaître dimanche avoir commis des maladresses, du fait d’une pratique "rapide" et "maladroite" des réseaux sociaux. Mais le "like" apposé sur une publication du compte le "Renouveau patriote", détaillant la liste des personnalités d’extrême droite françaises présentes à l’investiture de Donald Trump à Washington, n’était pas un coup d’essai. Le dirigeant a notamment manifesté son soutien par "like" interposé à l’eurodéputée du parti Reconquête Sarah Knafo.
Le Crédit Mutuel prend acte
Lundi, la CGT est montée au créneau pour réclamer la démission du dirigeant : "Nous, élus Filpac-CGT, […] demandons à notre actionnaire, le Crédit mutuel, banque mutualiste, dont les valeurs sont la liberté, la solidarité, la démocratie et l’indépendance, d’en tirer toutes les conséquences". Mercredi, le couperet est tombé. Et c’est dans un bref communiqué que le groupe a pris "acte de la démission" de Philippe Carli, saluant son "engagement sans faille".
Des travaux pour atteindre "l’équilibre financier"
Visiblement soucieux de se distinguer des opinions du directeur général de sa filiale opérant dans la presse, le groupe mutualiste réaffirme "son attachement aux principes éditoriaux formulés par les rédactions" ainsi qu’au "refus de toutes formes de discrimination". Rappelant le contexte de crise dans lequel évolue le groupe Ebra, les services du Crédit Mutuel Alliance Fédérale ont déjà tracé à gros trait la feuille de route du successeur de Philippe Carli, qui devra "poursuivre les travaux en vue du rétablissement économique" du groupe de presse "pour atteindre l’équilibre financier". Le directeur général de l’Est Républicain, Christophe Mahieu, est pressenti pour reprendre le poste.