Le MBO, pour une transmission lucrative

Le MBO, pour une transmission lucrative

[--------]Le management buy-out (MBO) est la technique rêvée des cadres ambitieux qui souhaitent acquérir leur entreprise avec une mise minimale.

[/--------]Les fonds d'investissement sont aussi friands de ce montage qui les rassure sur la continuité du management et apportent en moyenne 18% du financement total. «Ils offrent aussi l'avantage de trouver des financements bancaires bien plus facilement et dans des conditions plus avantageuses que le simple repreneur individuel», souligne Hugo Hentz, avocat chez Fidal à Nantes. Pourtant, le mécanisme est encore peu connu en France. Selon une étude réalisée par le fonds d'investissement 3i, seuls 13% des cadres dirigeants français sont prêts à envisager une opération de MBO, contre 38% en Grande-Bretagne.




«Les mentalités changent»

Outre la caricature diabolisant à souhait les fonds d'investissement habituellement amalgamés avec les fonds de pension américains ou les ?hedge funds?, certaines réalités bien françaises ont également retardé le développement de ce montage dans l'Hexagone. «Les fonctions dans les PME sont fréquemment organisées de manière pyramidale autour d'un décideur charismatique. Le cédant a donc du mal à considérer qu'un de ses salariés puisse lui succéder à la tête de l'entreprise, souligne Kalyann Kong, directeur associé du cabinet spécialisé dans le conseil en transmission d'entreprise Actoria. Mais les mentalités commencent à changer, avec l'émergence de nouveaux types d'entrepreneurs, plus rationnels et moins paternalistes.» Sauf que toutes les entreprises ne sont pas éligibles au MBO. Pour attirer les financiers, réputés très exigeants, votre entreprise doit réaliser un minimum de 3M€ de chiffre d'affaires, dégager une rentabilité significative et récurrente, avec un réel potentiel de croissance, et disposer d'un outil de production adapté, pour que les nouveaux actionnaires ne soient pas obligés d'investir massivement, ce qui amoindrirait l'effet de levier.




Lever le maximum de dette

Car le principe du MBO consiste à investir le moins possible dans le prix d'acquisition et à lever le maximum de dette. Le montage financier comprend la structuration de la dette entre ?senior? et ?mezzanine?. Concrètement, l'emprunt bancaire classique (?dette senior?) va être doublé par un autre emprunt, plus élaboré et davantage chargé en intérêts (?dette junior? ou ?dette mezzanine?). Dans cette configuration, l'emprunt bancaire classique est remboursé en priorité, c'est-à-dire avant la dette junior. Son coût est plus faible car il est, par nature, moins risqué. Inversement, le remboursement de la dette mezzanine étant subordonné à celui de la dette senior, son risque est plus élevé et son coût aussi. Il est donc essentiel que la société ait une capacité de remboursement importante et donc une visibilité à long terme de ses performances.