« Un pied dans la terre et une main sur le smartphone ». C'est ainsi que Laurent Mur décrit fièrement l'entreprise Gaarden, qu'il a créée en avril 2015, à Armentières. Il ajoute : « Nous sommes la seule entreprise à avoir introduit du digital dans le métier de jardinier paysagiste ». Gaarden est une plateforme de mise en relation de particuliers et d'entreprises avec des jardiniers. Une ubérisation de la jardinerie ? Oui mais à une différence près : les jardiniers proposés sur la plateforme Gaarden ne sont pas des indépendants, mais des salariés qui fonctionnent comme tels. « Nos jardiniers salariés sont équipés d'un camion et d'outils. Ils partent le matin de chez eux et y rentrent directement le soir, une fois leurs missions terminées. Ils sont comme des indépendants, mais avec le soutien d'un réseau. Nous utilisons beaucoup les outils numériques pour communiquer en interne », explique Laurent Mur. Pour accélérer son développement, Gaarden vient de boucler une levée de fonds de 800 000 euros. L'objectif : s'étendre rapidement sur l'ensemble de la France. Cette opération financière a été réalisée auprès de réseaux de business angels comme Alumni ou PBA, de Montgrand investissement, Paca Investissement et d'investisseurs privés, dont des Lillois.
Mailler la France en deux ans
L'objectif du fondateur et dirigeant, Laurent Mur, est d'avoir maillé l'hexagone dans les deux ans. « Nous avons d'abord testé l'activité en Paca, en avril/mai 2015, avec le recrutement d'un collaborateur par mois en moyenne. Nous avons ensuite démarré l'activité lilloise en septembre 2015 », relate-t-il. Aujourd'hui la société a atteint 30 salariés en équivalent temps et vise les 70 collaborateurs à la rentrée 2017. « 90 % d'entre-eux sont en CDI » note Laurent Mur. Et pour faire face à la saisonnalité de l'activité : « Ils travaillent 25 heures par semaine l'hiver contre 45 heures par semaine l'été ». Forte de cette levée de fonds, Gaarden a implanté son service mi-mars dans les villes de Lyon, Toulouse et Bordeaux. « Nous voulons être présents avant deux ans dans les principales agglomérations françaises, hors Paris qui est un marché particulier. Nous ferons ensuite un maillage plus fin sur des villes intermédiaires comme La Rochelle, Strasbourg, Amiens... », indique Laurent Mur. Celui-ci envisage déjà un prochain tour de table, dans deux ans environ, pour lancer son concept à l'international. Durant les 18 premiers mois d'activité, Gaarden a réalisé un chiffre d'affaires de 800 000 euros. Le dirigeant compte atteindre 2,5 millions en 2017, en étant à l'équilibre, puis 5 millions d'euros en 2018. « Notre tarif le plus cher correspond au tarif moyen du marché, soit 36 euros TTC de l'heure », précise le dirigeant. Aujourd'hui la clientèle se compose à 80 % de particuliers et à 20 % d'entreprises et collectivités : « Cela va évoluer pour arriver à 50 % de particuliers et 50 % d'entreprises dans deux ans », souligne Laurent Mur. Dans trois ans, celui-ci espère par ailleurs compter 200 collaborateurs en ETP.
Développer le numérique
Gaarden va également poursuivre son développement du côté des outils numériques : il sera bientôt possible par exemple de faire un devis en ligne. Enfin, la société va développer des objets connectés pour le jardin, afin de piloter ce dernier depuis son smartphone (arrosage, anticipation des problèmes grâce à l'analyse de données, etc.). Le lancement commercial devrait intervenir en septembre : ces objets connectés seront proposés via un abonnement mensuel dont le tarif n'est pas encore communiqué.