"Le principe de l’entrepreneur, c’est de voir très grand", dit Brice de Puymorin, l’un des trois cofondateurs du groupe hôtelier Ginto, avec Julien Kiefer et Emmanuelle Pochat. Créé en 2016 à Arcangues (Pyrénées-Atlantiques), Ginto est aujourd’hui propriétaire de huit établissements : hôtels Paradis et Pilgrim à Paris, Gambetta et Grand Hôtel Français à Bordeaux, Vendôme et Aria à Nice, Saint-Julien à Biarritz et Amista à Marseille. Et nourrit de grandes ambitions. "On a envie de rêver encore plus grand. C’est un secteur très porteur. On a beaucoup foncé, on va accélérer. Nous sommes organisés opérationnellement et financièrement pour nous déployer sur de nouveaux marchés. Nous avons envie de nous implanter dans des régions comme Milan, Rome, Madrid…"
La recette de Ginto
Ginto a une recette : acheter des hôtels de quartier, indépendants, familiaux, généralement des trois étoiles, dans les hypercentres des principales destinations touristiques françaises. "L’avantage des hôtels indépendants est qu’ils sont souvent très bien placés mais peu renouvelés", explique Brice de Puymorin. "Ce sont de belles endormies dont nous faisons des maisons d’amis, en faisant travailler des entreprises locales", complète Julien Kiefer.
Des hôtels de 25 à plus de 50 chambres
Les établissements — de 25 à 56 chambres — sont rénovés avec des enveloppes de 3 millions d’euros de travaux en moyenne. "On commence par exploiter les hôtels pendant 12 à 18 mois en reprenant les salariés, on y dort, avant d’envisager la phase travaux. Cela nous permet de mener les études pour les chantiers, de mieux cerner la clientèle et les besoins des équipes."
L’hôtel de Marseille — ex-Maison Saint-Louis devenu Amista -, fermé depuis septembre, rouvre début août. À Nice, dans l’Aria et le Vendôme acquis en début d’année, les travaux ne commenceront pas avant 2026.
Uniformiser l’expérience et l’image avant l’export
Les ambiances sont toutes singulières et fonction des typicités locales, avec une "expérience" commune : "un accueil chaleureux, de bons petits déjeuners locaux, du confort pour nos clients et nos salariés, et une grande qualité de service", indique le groupe. Cette "patte" Ginto, l’entreprise la travaille et souhaite l’uniformiser, notamment via des formations et des montées en compétences pour ses équipes (près de 100 personnes), pour mieux la dupliquer hors frontières.
"Nous sommes entourés de défis : anticiper le développement à l’étranger, mobiliser et donner une vision claire à nos équipes, intégrer quatre hôtels et quatre équipes d’un coup", résume Julien Kiefer. Depuis le printemps, le groupe basque s’est doté d’un conseil d’administration de cinq personnes : un directeur administratif et financier, un ancien entrepreneur, un hôtelier d’un grand groupe, un chef d’entreprise à l’international. "Ce board de séniors, chacun dans ses compétences, nous accompagne et nous coache", commente Julien Kiefer.
Ouverture du capital envisagée
Ginto (18 à 19 M€ de CA cumulé) est aussi prêt à ouvrir son capital. "Nous avons beaucoup de sollicitations pour entrer au capital, révèle Brice de Puymorin. On a ouvert une partie à nos salariés (4 %). Aujourd’hui, nous détenons à deux plus de 80 %, mais quand on monte une entreprise il ne faut pas fermer la porte."