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« Le groupe a garanti la pérennité de l'activité avec un accord de maintien dans l'emploi »
Pas-de-Calais # Production et distribution d'énergie # Ressources humaines

« Le groupe a garanti la pérennité de l'activité avec un accord de maintien dans l'emploi »

À Gravelines, la société Eupec, rachetée en 2012 par la holding allemande mutares AG, connaît une baisse drastique de son chiffre d'affaires. Pour y faire face, la direction, en la personne de François Martin, a signé un accord de maintien dans l'emploi.

« mutares AG, en tant que holding industrielle qui se concentre sur l'acquisition de sociétés en mutation structurelle, avait à coeur de redresser l'entreprise Eupec Pipecoatings France que nous avons reprise en 2012. Nous avons signé, pour ce faire, un accord de maintien dans l'emploi, en décembre dernier, avec une forte collaboration des salariés.

Alternative au PSE

Basée à Gravelines, mais disposant de sites à Grande-Synthe et Saint-Pol-sur-Mer également, Eupec a connu une forte dégradation de son chiffre d'affaires en passant de 45 millions d'euros en 2015 à près de 15 millions d'euros l'an dernier. C'est dû, notamment, à un marché du pétrole qui connaît de lourdes difficultés, ce qui implique de larges baisses dans les investissements et les projets de nos clients, mais aussi à des erreurs commises par la précédente direction.

Assurer la pérennité de l'entreprise

Quand nous avons racheté la société, les délégués du personnel sont venus nous voir avec une question : « êtes-vous là pour développer l'entreprise ou la fermer ? ». L'année dernière, on parlait encore d'un plan social sur le site avec un licenciement envisagé de 54 personnes. Nous avons travaillé à proposer une alternative à tout cela en procédant, dans un premier temps, à un référendum pour voir si c'était envisageable. Eupec a donc signé, fin décembre, un accord de maintien dans l'emploi de ses salariés et de préservation de la pérennité de son activité. C'est une dé marche qui a été menée avec le soutien et l'accompagnement des représentants de l'État - le Sous-Préfet et la Direccte -, du maire de Gravelines et des partenaires sociaux. Une démarche qui a été nouée en co-construction avec le personnel de l'entreprise, à qui nous avons demandé leur adhésion individuelle. Concrètement, cet accord de maintien dans l'emploi passe par un dispositif d'activité partielle - le nouveau mot pour chômage partiel - ajustable mois par mois en fonction des commandes.

Différé de 10 % des salaires

L'originalité de cet accord est qu'il se joint à un engagement d'Eupec de maintenir l'effectif sur le site en échange d'un différé de 10 % sur la rémunération du personnel, à compter de janvier et pour l'ensemble de l'année 2017. Les salariés qui ont accepté cet accord, sans quoi nous n'avions comme autre possibilité que le licenciement économique à titre individuel, se verront rembourser de la différence en 2018 avec un taux d'intérêt de 1,5 %. Cet arrangement va avoir un impact immédiat en termes de trésorerie, estimée entre 100 000 euros et 500 000 euros. Sur les 93 salariés du site, 63 collaborateurs ont exprimé le souhait de participer au redressement d'Eupec. Nous devons, en parallèle, nous atteler à la reconquête du portefeuille clients. Des réflexions sont en cours sur de nouveaux marchés et de nouveaux produits Oil & gas, mais je dois garder le secret pour le moment encore.

Renouer avec la rentabilité

Ce projet de retournement, couplé à l'activité partielle et au gel des salaires pendant trois ans, doit nous permettre de redonner confiance aux clients. Sur le site, où tout l'effectif a été regroupé, bien que les sites de Grande-Synthe et Saint-Pol-sur-Mer restent en cellules dormantes avant réactivation ou non, Eupec vise un chiffre d'affaires 2017 de 12,2 millions d'euros. Pour 2018, il y a deux options : la plus prudente prévoit 16 millions d'euros, la plus conquérante 30 millions d'euros. »

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